La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE apparaissent, ont pour effet immédiat de modifier profondément les conditions de l'existence. La société a créé un milieu nouveau pour l'homme, en organisant une coopération plus ou moins étendue d'individus qui coexistent sur un point commun de l'espace, et il y a chez ces indi\"idus création d'aspirations altruistes plus ou moins vagues et conscientes. Dans l'hypothese d'une originelle période anarchique, l'individu isolé luttait à ses risques et périls et pour son propre compte contre la nature ambiante, aussi bien contre les puissances inorganiques que contre la flore et la faune (y compris l'homme) qui lui disputaient l'empire du canton qu'il occupait ou voulait conquérir. La formation des premieres hordes a pour conséquence au moins de substituer à la lutte individuelle la lutte collective. Désonnais ce sont des groupes gui se défendent ou attaquent. li y a une autre remarque à faire. L'organisation a pour but d'assurer la coopération des indiYidus à l'œuYre commune aux conditions qui paraîtront les plus efficaces. La préoccupation de l'entente pour la défense ou pour l'attaque est donc en principe la négation <lela'concurrence dans l'intérieur du groupe et l'acceptation de la paix par les membres gui le composent. N'est-ce. pas reconnaitre que l'accord pour la vie est la loi gui a dctermin<'.: les premières organisations sociales? De plus, en divisant l'humanitt'.: en sociétès plus ou moins grandes ou jalouses, il restreignait dt'.:jàle champ des antagonismes. 11 est acquis que, des l'origine, les hommes ont dû former des socit'.:tés et que ces sociétés étaient toutes à quelque degré pourYues d'un gouvernement guelcongue. Il est encore acquis que l'accord pour la ,,ie, et non pas le despotisme plus ou moins hypocrite d'un seul, a ét<'.:,à l'occasion des luttes individuelles, la cause déterminante de ces premiéres hordes. Mais' il importe de sortir du domaine des conjectures et de rechercher si les données de la science confirment notre induction sur les sociétés hypothétiques que nous aYons supposées formées entre les Primitifs. Quelle est la loi de l'organisation sociale en général? Quelle est la loi de l'organisation politique en particulier? Il y a là deux problèmes qui n'ont jamais été bien distingués, mais gui, aussi bien, en raison de la dépendance des phénornénes sociaux les uns à l'égard des autres, ne se prêtent pas facilement a nos divisions artificielles. Quoi qu'il en soit, dans l'un et l'autre cas, l'accord pour la vie est bien, au moins en principe et sous réserve des exigences plus ou moins dissimulées de l'égoïsme des individus ou des classes, une loi de cette double organisation. C. F AGES. (A rnivre.)

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