La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE organisations patron.iles, persècute ks organisations nunières, Legien insista sur le rôle humanitaire, ciYilisateur, de ces dernières. Il plaisanta l'i"norance du comte de Posadowsky déclarant, du h:rnt de la tribune dt~Conseil Fédéral, que les syndicats allemands comme ks syndicats anglais « n'étaient que des socictés de grèYe ne Yisant ù rien d'autre qu'a troubler la marche du progrès économique ». Et il ajouta : « Nous n'a\'ons pas in,·itc le gou\'ernement à notre Congres pour ne pas l'obliger à prendre, sur les courts instants qu'il peut nous consacrer, k temps de nous écrire une lettre d'excuse. Aussi bien s'il aYait eu l'intention de se renseigner, s'il avait ,·oulu faire plus ample connaissance a\'ec _les ca,ulidaLsau bag11e de demain, il lui aurait cté aisé d'assister :\ nos délibérations ... Mais il doit L:trc facile :i nos gouvernements de s'instruire de notre mouvement par d'autres moyens, et si le comte de Posadowsky l'aYait fait, il ne lui aurait pas cté possible d'affirmer cc qu'il a affirmé. » Et Legien rcfuta par des chiffres l'assertion de Posadowsky. li montra, d'aprcs une statistique allant de 1892 :i 1896, que roo des plus grands syndicats anglais, comprenant 966,353 membres, c'est-à-dire 65 °/odes ouniers anglais organisés, dépens0rent pendant cette période, en secours <le diverses natures (secours en cas de chè>rnage,<lemaladie, d'accidents, J'inYalidité, frais d'enterrement, etc.), la somme de r r r .029,82ï francs, tandis qu'ils ne dépenscrent pour leurs grcYes, soutenues exclusivement avec les fonds des syndicats, que 35,438,215 francs. Et les syndicats allemands, de r 891 :'! 189ï, dl'.:penserent en fr.lis d'assistance judiciaire ................... fr. 137,94-8 Secours aux ouvriers congédies comme militants 5O4,O9ï Frais de route. . . . . 2,634,733 Secours en cas de chômage. 1,978,300 Secours en cas de maladie . 2,385,978 Secours en cas d'invalidité. . 185,308 Assistance en cas <le besoin pressant et en cas de décés . . . . . . . . . . . . . . . . 337,016 c'est-à-dire en secours <lediverses natures, 8,462,886 francs. En outre, les syndicats dépensèrent, pour instruire leurs membres en leur fournissant le journal de la fcderation, la somme de 4,2ïo,982 francs. Pour les grcves, pendant la même période, il ne sortit des caisses des féderations que la somme de 2,592,4-61 francs. Si bien que, de 1891 a 1897, les syndicats allemands dcpenscrent, tant pour l'assistance matérielle que pour l'éducation de leurs membres, dix millions de francs de plus que pour les grèYes. Mais Legien ajouta que même si les syndicats ctaient essentiellement des sociétés de gréves, un gouvernement vraiment soucieux de l'amelioration intellectuelle et morale de la classe ouvrière devrait

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