327 quencc de l'émancipation politique <.:tsociale de la kmmc. Et :'t présent qu'elle n'est plus une uniré juridique, ni politique, ni cconomiglll:, mais purement morale, c'est-à-dire un groupement affectif, voici la famille plus forte que jamais. \'ous savez que le nombre des divorces diminue d'année en :111111e:et ,que celui des mariages et des naissances augmente sans ces-se. - Oui, déclara Lagalinc. La Fr:rncc dnient Lill pays ignoblement vertueux. Il faut aller à Londres si l'on veut se donner seulement le spectacle d'une comédie ou d'un ballet un peu décolleté. - Et c'est de Genéve, :'t présent, que viennent les gaudrioles dont les« vieille FranCL' » comme moi font encore leur réo-al littéraire, t') ajouta Frizet. - Bah! fit Pierre. Ne mus y fiez pas trop, à la vertu française. li s'y donne encore de joyeux coups en robbe, comme disait Rabelais. Et le plus grand nombre n'en est pas encore :'t con-:eYoir les joies graves et profondes de l'amour complet. • - Ça y est! s'écria Lagalinc. \'ous êtes pris. Je comprends cela, d'ailleurs. La citoyenne Ducharme porte à merYeille son graci<.:uxnom. - Oh! Yous allez plus Yitc que moi, répondit le jeune homme. Je ne sais encore moi-même si, comme vous dites, je suis pris; mais je suis bien certain, en tout cas, de ne pas mourir dans la peau d'un Yieux garçon. - Vous aurez raison, dit Frizet. C'est Yéritablement un état misérable. - Pourquoi ne YOUSêtre pas marié, puisque Yous pensez ainsi? dit Lagaline. - C'est la faute aux liucs, répondit ingénucment Frizet. C'est dans leurs pages que j'ai commis la folie de lire la \·ic. Et quand j'ai Youlu viHe la mienne, il était trop tard. L'heure des amours était passée. [l aurait fallu qu'à l'heure de ma jeunesse, une femme \'int me prendre par la main et me dire: \'ous allez m'épouser. J'eusse obéi. Il ne s'en est pas présenté de semblable pour m'arracher ù mes livres, et ils sont demeurés mes seules amours. Tenez, ces bouquins érotiques à gravures d'art que Gene,·c nous envoie, ils me font passer de bons moments de gaieté, mais ils ne m'ont jamais échauffé le sang, même quand j'avais trente ans. Je vous dis que j'ai vécu par reflet. Tamisées par le livre, ces choses ont impressionné mon ccn·eau seulement, et je puis bien vous avouer que je suis absolument dans l'état physique et moral de ces vieilles filles du temps jadis, qui n'aimaient rien tant que ll'e dire ou entendre des polissonneries, et dont jamais personne ne toucha le bout du doigt. Ils devisaient ainsi, en se promenant dans la magnifique aYenue percée sur l'emplacement du Yieux faubourg Saint-Antoine et pro- ,
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