LE TROISIÈ~IE CONGRÈS DES SY:-.:DICATS ALLHtA:-.:DS 307 au cours de ces trente dernières années à l'intérieur de la classe ouvrière allemande, issue de ses luttes et des progn:s de son organisation, et Youée à cette œuvre d'organisation et de lutte, la classe, l'état à la fois administratif et guerrier des fonctionnaires des syndicats, prenant à son tour co~1s(Ïence de ses propres intérêts, de ses droits vis-àvis de la classe ounière organisée, et réclamant d'elle le respect de ces intérêts, la reconnaissance de ces droits. Comme les autres, cette question, avant d'être discutée au Congrès, avait été préparée. La Conférence des Rédacteurs de la Presse syndicale d'Allemagne, tenue à Gotha les r7 et r8 aoùt 1898, l'avait abordée en inscriYant à son ordre du jour« I'Assuran.ce contre la vieillesse et !'Invalidité des rédacteurs des journaux corporatifs», puis, après l'échange de quelques vues, reconnaissant la nécessité d'élargir le problème, de l'étendre des rédacteurs des journaux à tous les fonctionnaires des syndicats, du domaine de l'assurance à celui de la rétribution, elle avait arrêté les conditions d'une enquête et l'avait confiée à une commission de trois membres, chargée d'en fixer dans un mémoire les résultats. Et, le 2 3 janvier, le mémoire avait été adressé à tous les syndicats, de sorte que les résultats de l'enquête avaient pu être examinés, contràlés, discutés, quand le Congrès fut à son tour saisi de la question. Quels étaient ces résultats? Nous les ferons connaître moins d'après le rapport oral que fit devant l'Assemblée un des me,;nbres de la Commission, que d'après le mémoire qui avait été distribué à tous les délégués, mémoire que l'on peut considérer comme type de ces analyses économiques, méthodiques et minutieuses, dont l'éducation marxiste a développé chez les ouvriers allemands le goùt et l'habitude. « La Commission estime, y est-il dit dès le début, que la situation actuelle des rédacteurs et fonctionnaires de syndicats doit être déclarée intenable, en tant que le travail et les devoirs qu'on leur impose dépassent la mesure prévue pour les contrats de travail par le CodeIndustriel, sur la base duquel reposent dans la règle ces contrats de travail. » On voit quel est le point de vue auquel on se place : les agents des syndicats, rédacteurs d'organes corporatifs, propagandistes, administrateurs, et la plupart du temps à la fois administrateurs, propagandistes et rédacteurs, sont considérés comme des employés placés en face de l'employeur, des ouvriers en face du patron, et l'on étudie les conditions de travail imposées par l'employeur, par le patron à ses ouvriers. !.e patron, c'est le syndicat. << Les relations de travail existant entre les agents des syndicats et
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==