LE TROlSlÈME CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMAlŒS 2 3 en cas de maladie ou dans d'autres institutions de l'État, fussent scrupuleusemeQt choisis parmi les meilleurs militants des syndicats, et à ce que les elections pour ces institutions, au lieu d'être abandonnees aux circonstances, fussent organisées et dirigées d'un point central. Ces diverses considérations emportèrent l'adhésion du Congrès; le Congrès décida d'étendre en ce sens les attributions de la Commission Générale. Celle-ci, aux termes de l'ordre du jour qui fut adopté, recevait mission « d'éclairer les ouvriers, par des publications appropriées, sur la signification de l'assurance des ouvriers par l'État et sur les élections de délégués ouvriers aux institutions relatives à l'assurance ouvrière »; elle était en outre chargée de « diriger toutes les élections de ce genre pour lesquelles il paraîtrait nécessaire d'agir d'un point central>>. Par là la Commission Générale des syndicats allait prendre, dans le mouvement ouvrier en Allemagne, une place considérable. Et la résolution qui étendait ainsi ses attributions fut votée,\ l'unanimité moins une voix. Le nombre de membres de la Commission fut elevé de cinq à sept. La Commission était laissée libre d'augmenter dans la ·mesure de ses ressources le nombre de ses fonctionnaires, actuellement de deux. Le temps était pass<':, où l'on discutait pour savoir s'il n'y aurait pas avantage à la supprimer. Ill LE DROJT DE COALJTJO~ Ce fut le président de la Commission Générale, C. Legien, l'homme qui, depuis dix ans, avec une conscience parfaite du but, une intelligence profonde des moyens, et une indomptable énergie, incarnait en sa personne l'effort de la classe ouvrière allemande pour organiser toutes ses forces syndicales, qui fut chargé, à l'heure où le but était atteint, de répondre, au nom de la classe ouvrière organisée, aux menaces du gouvernement de !'Empereur, contre les organisations ouvrières, contre le droit de coalition. Legien montra comment le projet de loi qu'avait annoncé !'Empereur à Œynhausen, en faisant un délit, pour ne pas dire un crime, de l'incitation à la grève, équivalait à la suppression radicale du droit de coalition.- « Comment, demandait-il, ceux qui veulent faire une pareille loi, se représentent-ils la possibilité de faire une grève sans incitation à la grève? Ce ne sont pas ceux que l'on appelle les meneurs qui incitent, ce sont tous les ouvriers prenant part à la grève, et cela
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