2 L.j. LA REVUE SOCIALISTE Mais l'espace 1rnus fait défaut, dans ce numéro, pour analyser comme il convient les déclarations doctrinales de l'appel ci-dessus. Dans le prochain nous dirons notre sentiment théorique sur le grave problème que soulève l'orientation nouYellc indiquée dans le document. Pour l'instant, cc que nous Youlons constater, c'est que, en provoquant la crise que traverse actuellement le parti socialiste, ses auteurs ont été directement contre le but qu'ils poursuivaient et ont rendu par là un inestimable service au socialisme. Il est visible que Guesde et Vaillant se sont retirés du group.e socialiste et ont fait l'éclat que l'on sait pour soustraire leurs organisations à l'action qui tendait à les unifier graduellement et a les fondre dans l'ensemble du parti. Depuis cinq ans, le parti socialiste aurait réuni dans son sein, en une unité vivante et profonde, les diYers groupements existants, si toujours leurs chefs n'anient revendiqué jalousement leur autonomie, si ces groupements n'avaient pas été séparés et divisés, moins par des questions de principes que de personnes. L'unité du parti socialiste est si bien une nécessité contre laquelle ont lutté jusqu'ici les chefs d'organisation, qu'en fait l'unité s'est pratiquée cinq ans durant; et cela spontanément. Les divers éléments socialistes agissaient sous l'empire des éYénements et des circonstances avec un ensemble parfait. Au cours de ces cinq années de luttes et de propagande incessante communes, bien des malentendus s'étaient dissipés, bien des préventions étaient tombées. Les groupements s'étaient pénétrés réciproquement. Un peu partout, les rangs se confondaient, ies distinctions s'effaçaient. C'est pour faire rcvivrè ces distinctions que le manifeste a été rédigé; pour empêcher les rangs de se confondre et de fraterniser, qu'on a saisi l'occasion de l'entrée de Millerand au ministère et pris texte de là pour excommunier les organisations Yoisines taxées de déviations et de compromissions. Il est trop tard pour accomplir une œuvre pareille de régression qui marquerait peut-être un long temps d'arrêt dans la marche du socialisme, si elle devait aboutir. Les chefs eux-mêmes ont compris qu'ils étaient allés trop loin, car après avoir lancé l'anathème contre leurs voisins de combat de la veille, ils sont contraints d'accepter l'arbitrage du Congrès du parti. Evidemment, en acceptant le Congrès ils s'inclinent d'aYance, comme nous, devant ses décisions, quelles qu'elles soie1tt. Et dès lors, l'acte de sécession qui avait si justement ému le monde socialiste est le point de départ d'une réorganisation unitaire du parti. Voilà le grand fait qui se dégage des événements récents. C'est le seul résultat que nous voulions apprécier aujourd'hui. Cependant il ne faut pas se dissimuler que le Congrès se trouvera en présence de graves difficultés, quand il abordera l'objet du litige
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