LA CRISE DU PARTI SOCIALISTE 207 derniére heure, leur bulletin de Y0te vint s'ajouter à ceux des socialistes qui ne songeaient qu'à faire front contre l'ennemi commun. Le ministcre remporta vingt-cinq voix de majorite qu'il dut à nos votes et aux abstentions de :Vaillant, de Zévaés et de leurs amis. ,valdeck-· Rousseau aYait tablé juste en calculant que l'appoint des socialistes lui était indispensable et les réactionnaires aussi, en s'efforçant d'exploiter nos divisions et en poussant ceux de nos amis awc lesquels nous étions en dissidence à Y0ter contre le cabinet. • Mais quelle politique singuliére que celle imaginée par ''aillant et Guesde? Elle aboutissait chez l'un comme chez l'autre à l'abstention; et dans l'organisation, dont Guesde est le chef le plus écouté, à la dissidence entre ses propres elus, puisqu'une partie des signataires du manifeste exposé plus haut a,·aient \'Oté pour le ministérc. * * * Cependant les inspirateurs du Comité central et du Parti Ouvrier poursuiYaient un autre objectif que celui d'une dissidence temporaire sur un incident de tactique et quand le monde socialiste put croire que la diYergence de vues un instant provoquée par les derniers événements allait s'atténuer et s'effacer progressivement, éclata, comme une bombe, peut-on dire, la publication du document ci-aprés : A LA FRANCE OL'\'RIÈRE ET SOCIALISTE Citoyens, En sortant du groupe dit <l'Union socialiste de la Chambre, qui venait de fournir un gouvernant à la Rt!publique bourgeoise, les représentants de la France ouvrière et socialiste organisée n'ont pas obèi à un simple mouvement de colère, pas plus qu'ils n'ont entendu limiter à la protestation d'un moment leur action commune. Il s'agissait d'en finir avec une politique prétendue socialiste, faite de compromissions et de déviations, que depuis trop longtemps on s'efforçait de substituer à la politique de classe, et par suite révolutionnaire, du prolétariat militant et du parti socialiste. • La contradiction entre ces deux politiques devait infailliblement se manifester un jour ou l'autre. Et par l'entrée d'un socialiste dans un ministère Waldeck-Rousseau, la main dans la main du fusilleur de Mai, elle s'est manifestée dans des conditions de gravité et de scandales telles qu'elle ne permettait plus aucun accord entre ceux qui avaient compromis l'honneur et les intérêts du socialisme et ceux qui ont charge de les défendre. Le parti socialiste, parti de classe, ne saurait être ou dev~nir, sous peine de suicide, un parti ministériel. Il n'a ras à partager _le pou~oir _avec la bourgeoisie, dans )es mains de laquelle l'Etat ne peut etre qu un mstrument de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==