206 LA REVUE SOCIALISTE ne s'était pas produit, malgré l'initiatiYe nettement sécessisonniste que révélait chez les amis de Guesde et de Vaillant la rédaction simultanée des deux documents précités. Mais si le Comité d'Entente restait encore debout, organe de relation entre les diYerses fractions socialistes, la situation demeurait fort obscure et ce n'est certes pas ùne étude attentive des déclarations des uns ou des autres qui étaient de nature à l'éclaircir. Le manifeste du Comité central ne contient pas une explication ni une raison du départ de ses députés du groupe socialiste. Evidemment, c'était l'entrée de Mi[. lerand dans un cabinet bourgeois qui déterminait la rupture-rupture unilatérale, effectuée, je le répète, sans motifs, sans discussion, sans qu'on se fût donné la peine de connaître l'opinion de ceux qu'on reniait. Cepenàant, il n'y a pas un mot direct d'approbation ou de désaveu de la conduite de Millerand. A peine, par une phrase où il est fait allusion à Galliffet, saisit-on que Vaillant et ses amis réprouvent formellement l'entrée de Millerand au ministère. Mais on le devine, plutôt qu'on ne le lit. • La dcclaration des élus du Parti Ouvrier n'est pas plus explicite. Les signataires, après la phrase inévitable sur Galliffet, disent ne pournir « se solidariser avec M. ·waldeck-Rousseau, l'homme du grand patronat». Toutefois, ajoutent-ils, ils se rallieront aux actes d'énergie dirigés contre les jésuites et la réaction. « Ne pas se solidariser» aYec V.'aldeck-Rousseau ne signifie rien. Personne, dans le parti socialiste, de Millerand à Guesde, n'a songé une minute à se « solidariser » avec ·waldeck-Rousseau, pas plus qu'avec Bourgeois ou tel autre ministre que nous avons pu soutenir à une heure donnée. Mais combattrait-on le cabinet Waldeck? Ils approuYeraient toutes les mesures d'énergie prises contre les généraux factieux. Alors, voteraient-ils pour lui, le jour de l'interpellation brusquement annoncée par les journaux réactionnaires ? Là était la question et ni les uns ni les autres n'y répondaient d'une façon catégorique. Une équivoque pénible pesait donc sur le parti socialiste et les réactionnaires l'exploitaient de leur mieux, quand s'engagea,enfin, le débat d'où le ministère devait sortir mort ou victorieux. La droite, ks ralliés, la queue de Méline, la tourbe des antisémites et des nationalistes YOterent en masse contre le cabinet. Si les socialistes qui acceptent ordinairement l'influence de Vaillant ou de Guesde avaient suivi l'inspiration de ces deux derniers jusqu'au bout, le cabinet était renversé. Au dernier moment, Vaillant et ses amis s'abstinrent. La majeure partie des élus du Parti Ounier ou se revendiquant de cette organisation, ne purent assister impassibles à l'assaut donné par les partis réactionnaires coalisés à un ministère où l'un des nôtres était plus particulièrement vise et, malgré les objurgations de Zevacs, à la
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