La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA GRANDEvR DES ÉTATS-UNIS que nous aYons dù formuler pour la majeure partie des pays d'Europe! D'ailleurs ne suffit-il 'pas, pour permettre d'apprécier, d'ur, seul coup d'œil, la grandeur économique de l'Union, d'écrire cette simple phrase: en 1898 les exporqtions de l'Amérique ont dépassé celles du RoyaumeUni; la primauté d' Albion a pour la premit.re fois fléchi ; l'ordre hiérarchique des puissances commerçantes a été bouleversé; si l'Angleterre et l'Allemagne battent les Etats• Unis pour l'ensemble des échanges, ceux-ci ont saisi la préeminence pour les exportations. Le déclin des importations mérite d'être examiné autrement qu'en des tableaux généraux : pour bien montrer qu'il ne constitue pas un fait accidentel, imputable à des causes transitoires, il convient de le ramener à ses éléments premiers, ou plutot, d'exposer toute l'ctendue du phénoméne. Il s'est exercé d'abord dans les relations de l'Union avec la plupart des pays qui se croyaient en possession de son marché. Hors l'Asie et l'Afrique, qui expédient aux Américains des matiéres premiéres ou des denrées exotiques indispensables, - et la derniére, au surplus, pour une somme infime, - les diverses parties du globe enregistrent de notables moins-values. L'Europe, ·qui livrait en 1889 pour 2,015 millions de produits outre Atlantique, a réduit ce contingent à 1,525, soit une diminution d'un quart; l'Amérique du Nord a restreint ses ventes de 750 à 456, l'Amérique du Sud et l'Océanie, moins frappées, ont pourtant encore été atteintes. Entrons plus avant dans cette décomposition. L'Angleterre a abaissé ses sorties à l'adresse de l'Union, de 885 à 540 millions; l'Allemagne a vu descendre les siennes de 390 à 348, la France de 356 à 260, le Canada de 215 a 160, l'Autriche de 36 à 22. Le phénomène s'est de même affirmé pour toutes les catégories de marchandises. Dans l'ensemble, l'Union a ramené ses achats de produits manufacturés de 1,640 millions en 1889 à 1,145 en 1898,et pour la première fois, l'an dernier, les exportations, sous cette rubrique, ont dépassé les importations. Les entrées de soieries sont tombées de 180 millions en 1883, 165 en 1888, 190 en 1893, - à u8 en 1898; celles des fers et aciers de 356 en 1880 et 210 en 1889, à 63 en 1898; celles des lainages de 235 millions en 1889, à 70 en 1898; celles des bois entre les mêmes dates de 165 à 115, et celles de la verrerie de 39 à 13. Point n'est besoin de multiplier davantage les exemples. L'effort concerté, la volonté de se prémunir contre l'afflux des produits étrangers, éclatent dans ces statistiques si pleines de signification. Les tarifs Mac Kinley et Dingley ont marqué leur efficacité en tous sens. Il n'est aucune raison pour que leur action ne continue pas de se traduire dans les statistiques annuelles, jusqu'à l'heure où les hommes d'Etat de vVashington, estimant

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