La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

• LA :-.-ATURALISAïïOX DES JL:IFS ALGl~RIEXS I I \"EU LENT SER\'llt LA fRANCE, ILS VEULE?-:T Vl\'RF. POUR ELLE, ILS SONT PRÊTS A l\lOURJR POUR LA DÜENDRE. » ... Que je finisse sur un point par un fait qui ne laisse pas d'avoir sa signification. Quand M. du Bouzet m'annonçait le résultat de la nouvelle élection du Conseil municipal, il me signalait comme une victoire, dans les trois premiers élus, un juif modéré et s'applaudissait du choix. Ma réponse à votre question est compl<!te (1). Mais en fait <le sophistications historiques on n'est jamais embarrassé : s'il est impossible de trouYer pour défendre l'erreur et l'injustice un bon argument, il est toujours aisé d'accommoder les faits aux besoins d'une mauvaise cause. Il suffit d'être un esprit libre ... de préjugés scientifiques et moraux. Aussi, ne pouvant plus soutenir contre l'éYidence manifeste que les Juifs de l'Algérie allaient être naturalisés en masse par le gouvernement impérial et sur la demande unanime des assemblées algt'.:riennes et du Corps législatif, ils soutiennent que les Algériens réclamaient, que l'Empire voulait seulement accorder, la naturalisation civile mais non les droits politiques. En sollicitant d'eux-mêmes cette revision tortueuse et inique, laissant subsister les droits civils des Israélites et dont M. Laferriére a trouvé l'ingénieuse idée dans la brochure <lu Bouzet accueillie avec mépris par l'Assemblée réactionnaire de I 87 I, on reviendrait au seul système qui répondait aux véritables vœux des hommes de 1870. Rien n'est plus faux; les Algériens demandaient pour les Israélites, les métropolitains voulaient qu'on leur accord:ît et l'Empire allait leur décerner le titre de citoye11s français avec tous les droits et prérogatiYes attachés à cette qualité. Au moment même où M. Marchal prétend démontrer que la naturalisation demandée par les Français avait surtout pour but cle régler (< des difficultés d'ordre judiciaire », qu'il s'agissait alors (< de préoccupations d'ordre essentiellement civil », voici le Yœu qu'il omettait de citer et qui fut en effet unanimement adopté en I 869 par le conseil général d'Alger : « Considérant que chaque jour voit augmenter les inconvénients et les difficultés que fait naître le statut personnel des Israélites indigènes; « Considérant qu'il est temps de faire cesser tous les doutes et les incertitudes que le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 a fait naitre, et qui se traduisent fréquemment par des procès longs et dispendieux. » Jusql.\e-là en effet M. Marchal a raison, il s'agit uniquement d'intérêts civils et on comprend la nécessité « d'unifier une législation qui (x) Enquête sur les actes, etc. : Algérie, tome II. Déposition de M. Crémieux, page 237.

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