r5-1- 1.A RE\TE SOCIALISTE L'Éolisc ne chan<YCpas; elle ne Yarie pas : elle se déYcloppe. Et, ainsi, t" t" l,1cité de Dieu s'édifie en nous. - Amen ! fit Lagaline en pouffant de rire. - 1 ous voici arri\'és au restaurant, dit Pierre pour faire diversion, car il voyait l'indignation et la douleur peintes sur la figure du ,·icillard. La salle:\ manger où Darly aYait conduit ses invités était tellement somptcusc, la peinture et la sculpture concouraient si harmonieusement à la décorer de splendeur, la table recouverte de linge fin était ornée d'une telle quantité de cristaux, d'argenterie et de fleurs exquisement disposés, que Pierre se récria: - Mes compliments, cher ami. Vous êtes monté en grade, à ce que je ,·ois. C'est sùrement ici la salle à manger des grands chefs. - Que me parlez-vous de salle à manger des grands chefs ! répondit vivement Darly. N'est-ce pas le moins que nous soyons égaux a table ? 11y a ici des repas à tous les prix, selon l'appétit ou les goùts de chacun, mais le local et le service sont les mêmes pour tous. Quiconque es~ de la maison a le droit de s'assoir ici et d'y faire asseoir ses invités. Mais je songe que nous ne serons pas a notre aise dans cette salle. li y en a d'autres où sont de petites tables, autour desquelles on peut se réunir par groupes sympathiques. Et précédant ses in\'ités, émen-eillés d'un tel luxe, il les conduisit dans une salle non moins ornée et dans laquelle étaient dressées une trentaine de petites tables de deux, quatre, six et huit couverts. Les· premiéres étaient déjà occupes par plusieurs couples. - Des fleurettes qui s'ébauchent, fit Darly en les désignant avec un sourire. }fous a\'ons conquis cette liberté, non sans peine, dans notre derniére assemblée générale. Le croiriez-vous! les jeunes gens 1urcnt les plus ardents a protester. - Cela ne m'étonne pas, dit Frizet. La présence des femmes doit les obliger à plus de retenue dans leurs propos. - Et aussi a faire provision d'esprit, appuya Lagaline, qui cette fois était d'ac:cord avec son perpétuel contradicteur. - Aussi, la plupart d'entre eux boudent, reprit Darly. Ils ont adopté la grande table dite des cent couverts, où ils sont entre eux et libres de se livrer à leurs turbulantes niaiseries, tout en se vantant trcs haut de leur supériorité dans leurs sports favoris. Darly allait faire asseoir ses convives à une table de six couverts quand il remarqua que Pierre saluait deux jeunes filles arrêtées à l'entrée de la salle. Il les salua également et demanda à son ami : - Vous connaissez Rose Mallot, ma camarade de rayon de ganterie fine? - Non. Mais je connais un peu sa compagne depuis ce matin.
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