La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

RE\"UE DES Ll\"RES I2j publique, nécessairement birn plus novatrice, que les chefs des peuples ou <les partis ont à pratiquer et à refaire en ml'.:me temps. » Oui, :t\1. Tarde a raison. Les règles de la morale individuelle ne peuvent 0tre empreintes par l'homme d'Etat dans le sens de l'en-deçà moral, qui est le crime, mais dans le sens de l'au-delà, qui est l'initiation à une forme de moralité sup.:rieure qu'un jour les individus adopteront pour leur conduite priYée. Aussi, ;\!. Tarde dit-il avec infiniment de raison : « L'homme au pouvoir doit être initiateur. Il doit l'l'.:tre en morale, méme, parfois, et il ne saur.1it lui suffire, comm.: :1 un particulier, de se conformer strictement à la morale courante. De là, m.:nu: quand il ne fait qu'adapter la morale ancienne à des moyens nou,·eaux. l'.iir d'immoralité qu'il se donne aux yeux de la foule conformiste. i\lais il importe es~entiellement de ne pas confondre, avec les cas où il viole la morale et tend à la faire rétrogader, ceux où il la dé\-eloppe et Ja déploie. A -9ucl signe les distinguer? A un signe certain, qui nous est naturellement suggéré par les tendances générales de l'histoire ... Un homme d'Etat, disons-nous, aide aux progrès de la morale en ayant l'air de la méconnaître, toutes les fois que sa m,1nièrc d'agir, si elle ·se généralisait, aurait pour effet d'étendre ou d'approfondir le d1amp social, d'agrandir le domaint: de la sympathie et de la solidarité. 11 est moralement rétrograde, au contraire, quand la g0n.:ralisation de son acte serait suivie d'un resserrement du champ social. » Mais, hélas! ce n'est pas k portrait de l'homme cl'Erat contemporain que trace M. Tarde, mais celui de l'avenir. };:'importe, l'ayenir ~e fait et dt:s livres tels que Les 'Frn11sfon11atiod1u1sPom·oir y contribuent pour leur bonne part. E.-F. NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES La Suppression des Octrois. - Les origines de l'octroi. L'opinion française. Historique de la question de 1789 il 1848 et 1851. La Commission impériale de 1869. L'octroi devant le P.trlemcnt républicain. Les rapports Guillemet et Bardoux. La loi du 29 décembre 1897. La question de l'octroi 1 Paris. Mémoires, votes et travaux du Conseil municipal; ses projets devant le Gouvernement et la Chambre. La question en Province : Agde, Elbt:uf, i\-lontereau, Salins, Evreux, Nantes, 13lois, Epernay, Abbevill~, Clermont, Angers, Rouen, Cannes, Peron_ne, Alais, Cherbourg, Nevers, Montpellier. Beaune, Versailles, Bordeaux, Lyon, Roubaix, Marseille, Saint-Jean-de-Maurienne, Granville, Le Havre, Amiens, Dijon, etc., etc. Le projet de M. Flcury-Ravarin. Conclusions, par ADRIEN VE!lER, avocat a la Cour d'appel Je Paris, conseiller municipal de Paris. Avec une préface de M. A. MILLERAND,député. I899, Paris, V. Giard et E. Brière, éditeurs. Un volume grand in-8, 5 fr .. - Multiples sont les articles et petites brochures traitant de l'abolition des octrois et ay.111tessayé de voir ou de revoir le jour .i propos de la loi rudimentaire, in.:omplètc et inefficace du 29 decembre 189;, qui .1 ordonné le <légrëvement des boissons hygiéniques. Mais aucun ouw.1gt: bien renseigné n'.1vait encore e1wisagé b disparition des octrois d'une façon .i la fois pratique et intégrale. i\l. Adrien Vebe, vient heureusement de combler cette l.1cune. Son volume très compact, parce que très documenté, lllais aussi très clair, contient un historique de la question et des diverses opinions émises au cours de ce siècle, soit dans la Presse, soit au Parlement. Et il relate toutes les solutions proposées ou ,tJmises t.tnt t:n France qu'à l'étranger. Depuis la promulgation de la loi du 29 déceJllbre 189ï, Je problème de l'octroi a été il l'ordre du jour dans toutes les villes françaises; et il y est resté malgré la loi de sursis Je Jecembre dernier, laquelle ne résout rien et a au contraire favorisé l'éclosion de nouvelles propositions, comme celle de M. Fleury-Ravarin. i\l. Adrien Veber, qui a été le rappor-

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