2 LA REVUE SOCIALISTE },fais les amis de la justice et du droit en ont vu bien d'autres; ils ont vaincu d'autres gens que ceux qui composent la bande antisémite. Les politiciens de l'antisémitisme paraissent borner pour le moment leurs vœux à l'abrogation du décret Crcmieux, source de tous les maux qui désolent l'Algérie, mystérieux ou suspect dans ses origines, funeste dans ses effets. Bien que de pareilles assertions ne puissent aujourd'hui s'expliquer autrement que par une coupable ianorance ou une absolue mauvaise foi, il faut bien refaire encore t, l'historique de ce fameux décret du 24 octobre 1870 puisque les antisémites prétendent encore parler à la Chambre « des difficultcs spéciales qui sont nées de la naturalisation improvisée des Juifs algériens en 1870 » (1) et imposée, « au moment où la France ctait assaillie, par M. Crcmieux qui s'i11tit11lait président de la délégation du goll\'ernement de la Défense nationale >> (2). Heureux encore les naturalisés de 1870 quand leurs ad\'ersaires ne prétendent pas que le décret lui-m2:me n'est qu'une mystification, que le document n'a jamais porté les signatures authentiques qu'on lui attribue, qu'il est l'œuvre personnelle de M. Crémieux tout seul. En effet, dans un parti où l'on a le faux trés facile et où l'on représente la France montrain du doigt Israël au pilori et appuyant son bouclier sur k marbre tumulaire sous lequel repose « Henry, malheureuse Yictimc du Juif» (3), il est naturel qu'on. prête génereusement ses qualités A autrui. Avant k faux patriotique il y aurait eu le faux religieux : il s'est trouvé un député pour l'insinuer, un antiscmite algérien pour le démontrer péremptoirement, de nombreux journalistes pour l'affirmer ensuite et parmi eux un publiciste jusque-là tres modéré, mais devenu régystériq11e, pour bien prouver qu'entre Italiens d'origine on s'entendrait toujours quand il s'agit de lutter contre la solidarité juive, la seule évidemment qui existe. A l'en croire, les Alo-ériens tout comme ;:, ' M. Dupuy en 1894, ont été victimes d'une mystification (4). (r) Clt,1111bre de~ députés, séance du 8 mai 1899, discours de M. Mar,;hal, Journal officiel, pagé r 320. (2) Journal rjficicl, page I p2. Cette ctrangc assertion fut immédiatement rcctifiec. Et dans l'instant où ;\l. ;\!archal parlait de celui qui s'intitulait. .. :,l. Gust. Rouanet répliquait : qui était prcsident ,le la délégation du gouvernement de la Défense nationale. A l'exlréme gaucbe. - C'etait un excel!ent rêpublicain ! (3) L'auteur de ce chd-d'œunc artistique, distribue gratuitement en guise <l'étrennes par l'Anli-j111f aranais, 1899, est l'intdligent inventeur de l'aimable facétie dont fut victime l'ou"rier bijoutier dont nous avons conté la triste mésaventure. (Numéro du 15 mai 1899.) (4) Écbo d'Oran, numéro du 19 fevrier 1898.
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