MOUVDIENT SOCIAL 753 veur, et cependant elle s'apprêtait a transformer tout son organisme économique, à opérer un nouveau classement des forces sociales. Dans la désolâtiou des heures sombres, parmi les incertitudes, alors que les phénomènes n'ont pas encore revêtu leur forme réelle, est-il possible de tracer un plan de régénération nationale ou sociale, sans que le rêve, l'utopie prennent leur part, la plus large, dans les conceptions des penseurs généreux qui s'acheminent vers le but entrevu, à travers toutes les diflicultés, en dépit des injures, des railleries? Mais de ces rêves, de ces utopies conçus par des esprits d'élite, pour ainsi dire planant bien au-Je1sus et en avant de leur époque, se dégage toujours une somme de vérités, de réalités. C'est et ce sera la gloire de Charles Fourier d'avoir donné a son œuvre, comme lignes essentielles, comme charpente inde5tructible, cette série d'idées énumérées tout a l'heure et qui font de lui un des précurseurs le plus merveilleusement doués du socialisme contemporain. ri1éthodique, qui entend tirer des phénomènes économiques les éléments mêmes de la préparation et de la réalisation de l'harmonie sociale, dans une République où le travail affranchi sera la loi commune; où tous les êtres humains. trouveront paix, justice, égalité, bonheur. Il faut çlonc féliciter, remercier le~ disciples de Fourier qui o::t pris l'initiative de la souscription grâce a laquelle cette belle statue se dresse sur cette voie, dans un des faubourgs les plus républicains, les plus socialistes de Paris; il faut aussi féliciter les vaillantes sociétcs coopératives ouvrières qui, s'inspirant dans leur organisation des théories du grand philosophe, ont apporté leur collaboration matérielle a l'érection du monument. Combien ils seraient heureux, si la mort ne les avait emportés, les propagandistes sociétaires, s'ils pouvaient assisttr a cette cérémonie, retrouver, dans une œuvre fort expressive, le maitre qu'ils aimèrent et qui, en son attitude calme, méditative, semble encore rêver a l'avenir! Et quels accents d'éloquence retrouverait pour évoquer cette grande figure, toutes les luttes du J}assé, Victor Considérant qui fut un des plus actifs, des plus ardents propagateurs du fouriérisme, qui en parlait encore, sur ses derniers jours, avec une chaleur communicative, avec des vues très nettes sur les nouvelles conditions dans lesquelles évolue le socialisme 1 Mais de tous ces précurseurs, de tous ces morts, l'œuvrc r<!ste vivante, épurée, précisée, consolidée, désormais indestrw:tible. Aujourd'hui, dans le monde entier, travailleurs, esprits éclairés et pré,·oyants, cœurs généreux se groupent autour d'une même idée : la destruction des tyrannies morales et matérielles, l'émancipation du travail. l'affranchissement de l'humanité, le triomphe de !'Egalité et de la Justice ... , de la Justice qui semble avoir commencé son œune. Respectueux de tous ceux qui. illustres ou obscurs, ont ouvert, tracé la route, les républicains socialistes conservent de leurs travaux, de leurs efforts, un pieux souvenir, envisagent sans crainte le présent et_s'acheminent vers les demains, avec la ferme, inébranlable résolution de rester unis, pour plus sûrement briser les obstacles qui seraient opposés it leur marche Yers l'harmonie et la paix sociales 1 M. Ladousse, au nom de la Chambre consultative des Associations ouvrières de production, M. Alhaiza, au nom de l'organe « la Rénovation », M. Ledrain, au nom du Comité, Mme Amélie Hammer, en un ·fort beau sonnet, M. Fabre des Essarts, par une poésie, M. Édouard Franklin, dans des vers d'une belle allure, rendirent également hommage au grand penseur et glorificrent Fourier. * * * Le troisième centenairede la 11aissa11dce Cromwell (r599). - Plusieurs groupes d'études sociales, notamment les Chevaliers du Travail, !'Harmonie, l'Avenir du dix-huitième arrondissement, ont dècidè de célébrer le troisième centenaire de la naissance de Cromwell.
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