LA RE\'UE SOCIALISTE leurs-ouvriers. Les coopératiYes ont \"Oulu apporter, aujourd'hui même, tout leur concour, ii l'érection de la statue de Fourier et leurs corps d'état ont travaillé de leurs mains à l'exécution des moindres détails. Cette é,·olution économique des coopératives, dans une voie nouvelle et féconde, ne tendrait-elle pas visiblement i substituer a l'anarchie industrielle la participation d'abord, et ensuite la solidarité? La pensée de Fourier, l'auteur de « l'.'\ssociation domestique industrielle et agricole • semble donc entr'ouvrir aux destinées heureuses <le l'humanité des horizons nouveaux. Notre comité en a la confiante espérance. Au nom du comité, je vous livre, Monsieur le Président, la statue de Charles Fourier, encore cachée sous le Yoi!c dont l'a enveloppee le jeune sculpteur Derré. A YOus, qui représentez la ville <le Paris, de faire décounir et de mettre ainsi en pleine lumi<':re l'image de Fourier devant Paris, devant la France ! La parole fut ensuite donnée à M. Adrien Veber, conseiller municipal du quartier : Citoyennes, ci~oyens, Invité par mon ami John Labusquière et par le Bureau du Conseil municipal à recevoir, au nom de la ville de Paris, la statue de Charles Fourier, j'ai prié mes collègues du Bureau de déléguer de préférence à cette imposante cérémonie le seul d'entre nous, John L:ibusquiere, qui ait eu l'honneur maintes fois mérité d 'amir été distingué et hautement apprécié par le plus illustre des disciples de Fourier, j'ai nommé Victor Considérant. - Et je remercie d'abord John Labusquiere d'avoir accepté de rehausser cette fête commémorative par sa présence et sa parole autorisée. Ensuite, à titre de représentant du quartier où reposent les cendres de Fourier, qu'il me soit permis de remercier tous les fourriéristes, ceux de l'école sociétaire de la « Rénovation », et ceux des associations ouvrières de production, du grand honneul' qu'ils ont fait à Montmartre, en m'autorisant à demander au Conseil municipal cet emplacement populaire pour la belle œuvre d'art d'Emile Derré, qui ,·a perpétuer à tout jamais la noble et douce physionomie d'un des plus grands précurseurs du socialisme moderne, de l'annonciateur de la I iorale humaniste et de la sympathie universelle, opposées aux desséchants principes du cc chacun pour soi » et à la glorification meurtrière de la concurrence universelle. Presque tout le monde reconnaît aujourd'hui Li véracite des aperçus prophétiques de Charles Fourier. La théorie organique des sociétés et même de l'humanité entière envisagées comme des êtres qui naissent, se développent et meurent, - théorie dont se targuent tant de sociologues contemporains pour en discourir dans leurs congres, - elle est tout entière dans Fourier. Et heureusement elle n'y est pas seule ; elle est accompagnée d'abondants jets de lumiere sur l'évolution de la société humaine et sur l'organicisme futur. ' Fourier a dépeint, comme s'il vivait aujourd'hui, la féodalité induserielle et commerciale ; il a brossé de main de maître le tableau de ses crimes. Telles de ses pages pourraient admirablement figurer comme préface à une édition du beau line de M. Novicow sur " les Gaspillages des sociétés modernes ». Fourier n'a-t-il pas encore le premier dénommé la politique fiscale et emprunteuse de tous nos gouvernements " l'art de dévorer l'avenir » ? li a aussi pressenti le téléphone et formellement prédit les paiements par virements et compensation des Cleari11g-Houses, et les émissions d'obligations dn Crédit foncier qui donnent " la faculté de réduire les immeubles en effets circulant, réalisables à volonté ». Sous le nom <le comptoir communal agricole, il a eu l'idée des magasins généraux ou docks et du warrantage mis au service de l'.igriculture. Il a même pensé au comptoir coopératif de Yente, qui a récemment fait l'objet de disçussions au sein de l'Alliance coopérative internationale. Fourier a en outre prévu les Bourses du travail et des lois sur l'hygiène publique et b surveillance des maisons il construire et construites.
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