La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LE'.> « 1:-.:TELLECTL:ELS » DE LA PATRIE FRA:-.:ÇAISE 7 I 5 laquelle M. Bru~eticrc et ses amis ,•ont étayer tout leur raisonnement. Nous rnulons, <lisent-ils, défendre l'armée. Quelle armée? Est-ce l'armée vraiment nationale, la nation armée oraaniséc suivant un , e mode démocratique, seule sauvegarde du pays contn.: l'cxtcrieur? Mais cette armée-lit, c'est-à-dire le principe même de la défense du sol, personne ne l'attaque et nous ne pensons pas qu'on trouve quelque part une déclaration qui puisse justifier les paroles de M. Brunetiére. S'agit-il plus simplement d1.: l'armée telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, c'est-à-dire de l'armée pretoriennc, tout entiére aux mains de grands chefs qui prétendent agir sans controlc et qui apparaissent - lorsqu'on parYient it leYer un coin du voile épais dont ils se recouvrent - comme préoccupes bien moins <le l'intérêt de la patrie que du leur propre? Nous confessons yolontiers que nous ne saurions jamais apporter assez d'ardeur ù attaquer une pareille institution. Et ce faisant, nous prétendons scr\'ir trés efficacement la patrie et sauvegarder les intérêts de la defcnse nationale. En examinant les diverses déclarations des membres de la Ligue de la Patrie française, nous aurons l'occasion de revenir plus longuement sur ce sujet. Il nous suffisait de signaler une équivoque qui tend à faire croire qu'on veut attaquer l'arrnec en en réclamant l'amélioration et en cherchant it l'épurer des cléments pernicieux qu'elle renferme. Cette équivoque n'est pas tout et il suffit de lire le manifeste dt la Ligue de la Patrie française pour avoir la notion des obscurités voulues et de la pénombre cherchée, par lesquelles on espcre dissimuler des agissements au fond purement réactionnaires. Voici ce manifeste: « Les soussignés, émus de voir se prolonger et s·aggrav~r la plus funeste des agitations; persuadés qu'elle ne saurait durer dava11tage sans compromettre mortellement les intérêts vitaux de la Palrù française et notamment ceLL\'.dont le glo;·ieux dépàt est aux mains de l' Arrnée'natio11ale; persuadés aussi qu'en .le disant ils e;primcnt l'opinion de la France : cc Ont résolu de travailler dans les limites.de leur devoir profes·- sionnel, à maintenir en les conciliant avec le progrcs des idées et des mœurs, les traditions de la Palriefrn11çaise; de s'unir et de se.grouper en dehors de tout esprit de secte, pour agir utilement dans cç sens, par la parole, par les écrits et par l'exemple; et de fortifier l'esprit de solidarité qui doit relier entre elles, à travers le temps, toutes les générations d'un grand peuple. » Et parmi les premiers signataires nous relçvons les noms suivants: duc de Broglie, duc d'Audiffret-Pasquier, comte d'Haussoqville, vicomte de Vogüé, Costa de Beauregard, comte de Mun, l;rançois 1

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