La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LES SER\"JCES PUBLICS une partie du domaine communal dont la collectivité a été frauduleusement dépouillée : s'il ne profitait pas de l'occasion, on lui chercherait en vain une excuse; ce n'est plus l'Empire, cc seraient les républicains qui auraient donnl'.:en p:'tture aux financiers un demi-sil'.:clede monopole. MAURICE CHARNAY. P.-S. - Cet article était sous presse lorsque le rapport de M. Sauton sur le renouvellement <lu monopole a été distribué au Conseil municipal. M. Sauton admet le renouvellement; il ne veut pas de la régie, parce que, dit-il, la Ville serait incapable de faire ses achats de charbon ; - le reste est de la même force. Il s'etait lui-même réfuté par avance, en 189,, lorsqu'il cirait l'exemple des régies anglaises de Birmingham, Bolton, Leeds, Leicester, Manchester, Nottingham, Oldham, Salford et Glasgo\Y, livrant le gaz aux particuliers de 8 à 11 centimes, au même prix que les Compagnies pri\'ées de Londres. Un seul de ses arguments a quelque Yalcur, c'est lorsqu'ii présente la diminution im1rn:diate comme la condition du· développement de la consommation. Mais il se contredit aussitôt après, en voulant prouver que le gaz de\'ra être vendu 20 centimes pendant une période indéfinie. Pour justifier •ce prix de Yente excessif, il est obligé d'établir un prix de revient de 14 centimes, par des calculs de fantaisie, alors que le prix de revient réel est inférieur à 10 centimes. Du moins, M. Sauton indique une solution pratique. Comme la commission propose une réduction immédiate de 10 centimes au lieu de 8, la suspension de l'amortissement serait insuffisante; il faudrait emprunter une certaine somme, de 1900 à 1908, pour compenser complètement la diminution des recettes. Voilà la clef du problème. La Ville n'a qu':1 rembourser elle-même, au moyen d'un emprunt, non plus les 2 centimes supplémentaires, mais les 10 centimes, de manière i faire profiter dès maintenant les consommateurs d'un abaissement sérieux du prix du gaz, sans se lier aucunement avec la Compagnie. En 1908, la Ville devra environ r50 millions, qui, répartis sur une consommation largement accrue, augmenteront le prix de revient d'une quantité insignifiante, et une nouvelle réduction de 5 centimes pourra être opérée, au grand bénéfice de la Ville et des particuliers. M. C.

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