MOUVEME~T SOCIAL Les salaires et la durée du travail. - L'Office du Travail vient de publier des données statistiques d'un grand intérêt sur les salaires et la durée du travail dans les industries de la France dans ces cinquante dernières années. Les salaires auraient augmenté sans doute, mais pas d'une manière uniforme dans les différentes industries. Il paraît que c'est dans l'industrie minière que l'augmentation a été plus accentuée. En 1844, le salaire moyen annuel d'un mineur ne dépassait pas 551 francs, tandis qu'en 1854 la moyenne monte a 687 francs, en 1864 a 750 francs, en 1874 a 1,051 francs, pour atteindre le point le plus élevé en 1892 avec 1,221 francs; depuis lors, la moyenne aurait faibli et n'était plus, en 1895, que de 1,161 francs. Ainsi, dans la période 1844-1895, la moyenne aurait doublé. En même temps que les salaires augmentaient, la durée du travail diminuait de 15à20°/ 0 • Dans la grande industrie les salaires des ouvrières ont augmenté plus encore que ceux des ouvriers, ce qui s'explique sans peine si on réfléchit que les salaires des femmes étaient de beaucoup au-dessous de ceux des hommes. BELGIQUE La g1·èvedes mineurs. - Les délégués des quatre bassins houillers, . réunis au Temple de la Science, à Charleroi, ont décidé de proclamer la grève générale des mineurs pour obtenir une augmentation de salaire de 20 °/ 0 • Voici l'ordre du jour qui a été voté à l'unanimité par la Fédération nationale : « La Fédération nationale des mineurs belges, « Considérant que depuis deux années, aux demandes réitérées d'augmentation de salaires, formulées par les groupes, les fédérations et les congrès, les patrons ont opposé de continuels refus : « Décide à l'unanimité qu'il y a lieu de recourir à la grève immédiate des quatre bassins houillers pour obtenir une augmentation de salaire 20 °/ o• » Pour opposer un refus obstiné à la demande d'augmentation de salaire formulée par les bouilleurs, les compagnies concessionnaires de mines se basent sur divers arguments qu'il importe de relever pour que le public soit complètement éclairé sur le conflit actuel. Tout d'abord, elles trouvent exagérée la demande d'augmentation de 20 °/0 sur les salaires. Ensuite, elles disent que des augmentations de salaires sérieuses ont été accorèées en proportion de la hausse du prix -des charbons et que de nouvelles augmentations ne pourraient être consenties qu'à l'expiration des contrats en cours. Enfin, elles
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