LES COXOITIOXS OL' TRA\"All. DAXS LES TRA\"ACX ?l.'.BLICS 55 de loi sur le même objet. Il repousse les conclusions de la Commission du travail. Ce texte, dit-il, est trop général en ce qu'il tend, au lieu de se borner :"I poser un principe, :1 fixer à l'avance, dans son article premier, des détails d'application, détails qui doivent vari<:r,sc.:lonles circonstances de temps et de lieux. Il est aussi trop restreint en cc qu'il ne prévoit que comme une simple faculté pour les départements et les communes l'insertion, dans les cahiers des charges, de clauses relatives il la fixation du salaire, il la durée du travail, etc. Et M. Holtz propose cette disposition : L'État, les départements, les communes et les établissements publics sont tenus d'insérer, dans les cahiers des charges des tra\·aux ... , toutes clauses qu'ils peuvent juger utiles il l'exécution <lesdits travaux, en ce qui concerne le recrutement et l'emploi de la main-d'œune, Je taux et le paiement des sa1.iires, les heures de travail, l'hygiène des chantiers et ateliers. Nous ne Yoyons guère en quoi cc texte nouYeau est plus pressant, plus décisif que celui que nous aYions fait accepter par la Commission du travail. Il oblige a l'insertion de clauses concernant le tranil ; mais quel profit les tra\"ailleurs sont-ils appelés;\ tirer de cette obligation? Elle est singulièrement élastique. On peut écrire au cahier des charges que la journée Yariera de huit a douze heures, que le salaire oscillera entre trois et dix francs, qu'on emploiera de un a cinquante pour cent d'ouvriers étrangers. Une obligation d'une telle rigueur ressemble à s'y méprendre a la faculté que nous avions inscrite a notre article 2 ; mais il lui manque la franchise; elle est un leurre, une duperie politique a l'usage des ouvriers. En apparence plus libérale, elle marque un recul sur notre proposition ; les dispositions de notre article premier sont, en effet, nettement impératives, et qui ne les respecte pas tombe sous le coup _despénalités prévues. Ces pénalités, M. Holtz les a supprimées. Plus désireuse de servir les intérêts ouvriers, la Commission du traYail de la Chambre vient de reprendre notre texte comme base de discussion. Elle a choisi M. Pierre Baudin comme rapporteur. Il ne nous reste plus qu'a souhaiter que les deux Chambres fassent bon accueil a cette proposition de loi sur les conditions du travail, qu'elles placent leur honneur a ne pas laisser plus longtemps notre pays, sur ce terrain, a la queue des nations civilisces. Et toutes les grandes municipalités républicaines et socialistes sauront bien ensuite puiser dans la loi noU\·clle tous les germes de réformes qu'elle contient et tracer ainsi la voie a l'Érnt et a l'industrie priYée. AIMÉ LAVY.
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