La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

1.A RE\'UE SOCIALISTE relatif en cc sens que les n.:ntes perpétuelles gre\'aient la société pour toujours, tandis que la nouYelle combinaison n'étendait pas la charge au Jelà d'un siècle; en dehors de cet expédient, Emery Perticelli, pend,rnt les deux périodes où il exerça la surintendance <les finances, aliéna pour 87,600,000 li\Tcs de rentes en capital. li y eut encore <les lo11ti11es en 1655, en 1689, en 1690, et plus tard au dix-huiti<'.:me siècle. Cc qui est essentiel à noter au point de \'UC de l'éYolution, c\:st que les tontines comme les loteries en général étaient un dèYeloppement Ju jeu; celui-ci a\'ait donné naissance au calcul et à la théorie des probabilités. Or cc fut prècisèment au di:--:-scptièmesiècle que Pascal et Fermat en France, et après eux IIuyghcns, le grand pensionnaire.: de Witt, Hu<lde, 1 Iallcy, Jacques Bernoulli et Leibnitz fondèrent la théorie et l'étendirent succcssiYement aux probabilités de la ,·ie et à la construction des tables de mortalité; par Buflon, d'Alembert, Condorcet au dix-huitième siècle, La Place et J. Fourier au dix-ncuviemc, la théorie <les probabilités s'étendit de plus en plus aux faits sociaux, aboutissant finalement à la Physiquesociale de Quetclet, l'un des fondateurs de la sociologie positiYe. D'une façon plus spéciale, le jeu, par le calcul et la theoric des probabilités, conduisit aux tontines et aux loteries en général, formes préliminaires des institutions <l'assurance et de mutualité dont l'application se fait également aux formes succcssiYes du crédit priYé et public. Fouquet continua le système de la création de rentes sur la Yrlle de Paris; Li facilité <l'emprunter fit même <lcpenser par aYance les recettes des anm:es 1655 et 1656; on créa en outre en 165ï et 1658 une infinité de rentes sur les aides, les fermes, les tailles, les entrées à Paris, etc. La dépense ordinaire à cette époque ctait <l'cnYiron 60 millions et les rcYcnus en atteignaient à peine 48. Les guerres continuelles de Louis Xl\' ne permirent pas à Colbert ni à ses ~uccesscurs <lerctablir l'ordre dans les finances; lc.:srentes constituées ccsscrcnt même <l'être recherchées et l'Etat n'obtenait l'argent tics capitalistes qu'au taux élcYé gcnéralemcnt de 10 °/ 0 • Cc fut Jans ces circonstances que Colbert institua une Caisse de Depôts où chacun pouYait remettre ses capitaux à l'intcrêt de 5 °/0 et d'oü on était toujours libre <leles retirer à tout moment; cette caisse fut d'une grande utilité malheureusement et surtout pour soutenir la guerre de 16j2; à la paix de.:Nimègue, le montant des dépôts s'clc\'ait à 14 millions de liYres. Le fait ét.1it important .i noter comme point de départ d'une des premières tentatives de socialisation du crcdit public. Colbert mort, la ruine financière de la monarchie française se précipite; dans la seule annec 1684 on ncgocie pour trois millions dt rentes reprcsentant un capital de 5ï,6oo,ooo liwes; on finit par aYoir

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