:-IOTICES BIBLIOGRAPHIQUES deux par la Révolution de 1848-49 qui est peut-être la période la plus féconde pour les années qui suivent. Nous voyons le poète-musicien-philosophe sous l'influence de Feuerbach, puis sous celle aussi impérieuse de Schopenhauer qui disparaît à son tour vers la fin devant la doctrine de la régénération. M. Lichtenberger s'appuie seulement, et avec raison, sur les seuls Écrits de Wagner et sur sa correspondance. Quant aux ouvrages biographiques, critiques ou autres, il les rejette tous, à l'exception des biographies de MM. Glasenapp et St. Chamberlain. C'est à cô~é de ces deux ouvrages remarquables que Wagner poèteet philosophe prendra une place méritée et, jusqu'à ce qu'une traduction intégrale ait révélé compli:tement la pensée de Wagner au public français (qui, après tout, s'en moque pas mal, je crois!), il pourra en tenir lieu, car il en est un lumineux et impartial résumé. Ce livre aura sans doute encore l'inappréciable avantage de faire oublier une centaine (ou peut-être plus) d'élucubrations plus ou moins volumineuses qui, depuis vingt ans, semblaient prendre à tâche de défigurer l'(l!une immortelle du grand Worto11-dicbter. J.-G. PRODHOMME. NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES La législation de !'Enfance, r7891898, par JACQUES Bo:sizoN (2• édition, revue et complétée, Guillaumin et C'•). - Cette nouvelle édition remet au courant des lois nouvelles l'intéressant ouvrage publié en 1894 par M. Bonzon. Nous voyons successivement b situation de l'enfant dans la famille. à l'école et dans l'atelier. Elle nous y apparait sous un double aspect : théoriquement, par les lois de tous genres faites en son intérêt; pratiquement, avec les résultats plus ou moins heureux de ces lois, tels que les établissent les statistiques et les documents les plus ré:ents. Enfin, l'auteur indique les réformes les plus urgentes en faveur de l'enfance. Cet ouvrage a donc une double utilité : c'est un tableau destiné tout it la fois aux hommes d'étude et aux philanthropes. 11 renseigne ceux-ci sur les armes que la loi leur fournit pour l'enfance et les œuvres qui la protègent. Il montre à ceux-lit le chemin parcouru depuis la Révolution et les bienfaits de la lutte sociale. Psychologie de la Colonisation française, par L. DE SAUSSURE, I vol. in-12, Félix Alcan, éditeur. - Ce n'est pas le problème général de la colonisation au point de vue économique et social que l'auteur s'est proposé d'aborder, mais seulement un des côtés de ce problème celui de notre politique à l'égard des populations indigènes de ces vastes possessions que nous appelons improprement des colonies. Faute d'un excédent de population, la France n'a pas besoin de territoires favorables it la colonisation proprement dite, mais elle posscde tous les éléments nécessaires pour tirer parti de ses possessions tropicales. Il n'est besoin pour cela que ,le capitaux, de bons fonctionnaires et de bons soldats. Elle ne manque ni des uns ni des autres. 1'1.tis l'important aussi est Je suivre it l'égard des indigi:nes une politique respectant leurs dogmes et Jeurs usages. C'est pour ne l'avoir pas suivie que les 'Espagnols ont vu leurs colonies leur échapper et c'est en l'adoptant que les Anglais se sont assuré le loyalisme non seulement des races indigènes mais même des Canadiens français. M. de Saussure cherche it mettre en é\'idence la relation de cause it effet qui existe entre la psychologie des français et leur politique indigène aux colonies. Cette politique est la conséquence naturelle de nos dogmes nationaux et c'est dans ces dogmes mêmes qu'il en cherche la clef. 11 retrace leur origine, leur cvolution et leur influence actuelle sur Je caractère de la nation et enfin il en suit l'ap-
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