~lûlJ\'E~IE:\"T SOCIAL Les Belges ont emprunté les Trades Unions anglaises, mais celles-ci sont dépassées par leurs coopératives, essentiellement socialistes. Les coopératives ai1glaises Yalent la peine d'être conquises, elles font des millions de bénéfices. Bientôt les coopératives anglaises, gr.îce it la propagande socialiste, arboreront le drapeau rouge. JEAN JAURÈS: Je ne m'excuse pas d'être arriYé en retard. nous avons ete retenus par vo;, concerts et vos cantates. Vous nous avez prodigué vos trésors d'art et de fraternité. Nous sommes un peu comme le, voyageurs de chemin de fer qui tra\'ersent un pays merveilleux et qui courent d'une portière it l'autre pour admirer les horizons magnifiques qui se succèdent au passage. Eh bien, citoyens, en prenant partit ctt admirablc·cortcge. nous avons été pénétrés d'une émotion profonde. En regardant ces innombrables drapeaux rouges, flott:tnt au _souffle du vent, il nous semblait Yoir tous les peuples unis et animés du même souffic ! Quel spectacle ! Et puis, it mesure que nous approchions de cette Maison du Peuple, c'était la rue resserrée montante; la fête ressemblait à l'escalade du pouvoir par le prolétari.tl. Cc qui nous a réjoui, c'est cette tranquillité de fëtc mêlée it l'élan du combat, c'est chose admirable qu'en pleine bataille, l'ankur de la lutte ait d.;jà la sérénité de la victoire. Ah! nous n'étions que des rê\'eurs; ici le rê\'e prend la solidité de l.1piarc, de la matiàe, s~ns perdre la hauteur de !"esprit. Mais ce ne sont pas seulement des émotions et des joies, ce sont des le.;ons et des exemples que nous venons vous demander. Trop longtemps le P.trti Ouvrier français a marché par soubresauts ré\'olutionnaires sans la persévérance du travail opini.i trc. Eh bien, nous vous promettons d'aller prêcher votre exemple it nos frères, les ini• tier :\ l'organisation, it la coopération, et de mettre la classe ouvrière en état de gouverner et d'administrer le monde! Et il est temps qu'il prenne l'habitude d'administrer le monde. C'est l.t t.iche du prolétariat socialiste. Nous ne demandons pas aux classe~ dirigeantes de remplir cette tâche. Cc qu'on pouvait leur demander, c'est de sauver le patrimoine commun de l'humat:ité. Il~ n'ont pas su faire même cela et il a fallu que le prolétariat français se lhe pour que la France ne fût pas déshonorée. Aussi il n'est pas à craindre qu'en se pénétrant de l'esprit pratique le prolétariat perde de son haut idbl. Non, la cuisiniere ne se brouillera pas ayec l'arti,i;e, elle est déjà artiste elle-même. Vos leçons porteront des fruits; et puisque ici sont venus \'OUS voir des amis de toute la France, - permettez-moi puisque nous inaugurerons ù Albi, le 1" septembre, un nouveau four de cette vcrrtrie dont on annonçait la disparition - permettez-moi de vous inviter à cette fête internationale. Ainsi se prépare l'humanité nou,·elle, non pas par une division de facultés. Il faut que la totalité des facultés humaines soit représentée dans chaque peuple comme l:t totalité des droits humains doit être représentée chez tous les peuples. Nous allons profiter des relations croissantes de tous les peuples, pour que chacun donne à tous ce qu'il a de meilleur. Et la révolution sera faite. Tantôt j'entendais sonner la Marseillaise - sublime mais incomplète! li ne faut plus que le chant de l'humanité nouvelle soit un chant national. Il faut qu'il n'y ait plus qu'un hymne qui clame que le foyer révolutionnaire est partout. Or, il y a UQ prolétariat qui pense et qui veut. Partout aussi ardente, partout aussi luute, elle fera jaillir de partout à la tois le même cri de délivrance, et les hommes enivrés de cette ficvre universelle, ne sauront plus p:tr qui, par quel peuple, la Révolution aura commencé. Elle jaillira du sol, universelle et spontanée et sa lueur éclairera la figure de l'hu• manité nouvelle.
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