La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

• MOUVEMENT SOCIAL 501 sentée par la citoyenne Marie BonneYial et par les citoyens Jaures, Gérault-Richard,_ Colly, délégué par le groupe socialiste du Conseil Municipal de Paris. Camélinat, Gustave Perthuis, Delory, maire de Lille et son adjoint Delesalle; Raymond Lavigne, de Bordeaux, etc. Le meeting fut présidé par le citoyen Standaert; Yoici l'analyse des principaux discours VANDERVELDE : Compagnes et compagnons, Au nom du Parti ouvrier, je remercie du fond du cœur le compagnon Standaert de ses paroles de bienvenue. . Je vous remercie d'être Yenus, camarades gantois, fondateurs du Vooruit, qui fûtes nos initiateurs et nos maitres; et vous, délégués flamands et wallons, dont la pnissante union sut créer ces grandes œuvres; et vous surtout, socialistes des autres pays, qui êtes ici, le vivant témoignage de notre solidarité fraternelle. Vous êtes chez vous, dans cette maison, construite par le peuple, pour le peuple, et dont l'inauguration consacre quinze ans d'eftorts, de travail et de patience. Nous sommes dix-sept mille coopérateurs aujourd'hui. Nos boulangers ont enfourné, l'an dernier, plus de onze millions de pains. La Maison du Peuple fait quatre millions d'afü1ires. Plus de cent groupes socialistes se sont groupés autour d'elle. C'est notre Eglise et notre Forteresse. Hegardez, compagnons, le chemin parcouru depuis quinze ans, de• puis 1884 ! lis étaient soixante, les ouvriers de la première heure. Soixante membres et sept cents francs Je capital. On cuisait le pain dans une cave de cabaret. Une charrette à chien et quelques sacs de farine composaient tout l'avoir social. (Sourires.) Voilà ce que nous étions! Voyez ce que nous sommes 1 C'est d'un petit grain de senevé qu'est sorti ce grand arbre. Salut à ceux qui l'ont planté! Salut aux vétérans de nos premières b.1tailles, les Bertrand, les Standaert, les Van Loo et tant d'autres: Salut à la mémoire de ceux qui sont morts il la peine ... Ai-je besoin de citer leurs noms pour émouvoir vos cœurs? Ils -vivent dans notre souvenir et se continuent dans notre pensée. C'étaient, alors, des temps héroïques. "Les églises étaient de bois, mais les croyants étaient d'or. » La vieille Maison du Peuple, avec ses plafonds bas, ses escaliers branlants et son grenier poudreux - notre conseil de guerre - était une pauvre et triste b;coque, mais nous y laissons tous quelque parcelle de notre cœur. C'est lit que 1~ousavons tracé le plan de maintes batailles; c'est lit que nous avons mené le deuil de nos morts, et chanté nos victoires, et nargué nos défaites. C'est lit que nous avons grandi: que s'est formée peu à peu, - comme le fruit qui fait éclater son enveloppe - la puissante organisation ouvrière qui, trop à l'étroit, dut chercher une ;rntre m'1ison, se bâtir un autre temple. Et c'est au nom de tous ceux qui la composent, que je félicite et remercie Horta, le constructeur, qui - par une admirable compréhension de nos besoins et de nos desirs - semble avoir symbolisé dans son œuvre l'œuvre même du Parti ouvrier. Regardez-la, notre maison. En bas - leurs fondations plantées en plein quartier populaire - les institutions économiques, les bureaux et les magasins, la ruche des travailleurs, qui alimente et sou• • tient tout le reste. Plus haut, la bibliothèque, les salles de réunion des institutions politiques et intellectuelles et la grande nef de notre église, trop petite déjà, pour contenir tous nos fidèles. Plus ha~t encore, en plein ciel, sur la mer des toitures, la terrasse, aux vastes horizons, comme le pont d'un puissant navire, marchant à toute vapeur sur les rivages d'un nouveau monde. C'est lit haut que nous hisserons, les jours de victoire, sur le grand mât qui dominera la rue, le drapeau rouge du Parti ouvrier. Et quand là-bas, dans les sombres ruelles, it l'ombre du Palais de la justice bour•

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