~IOU\"DIENT SOCIAi. 499 qu'un Français exprimàt dans sa propre langue sa profonde comiction que le peuple français n'avait aucun motif de querelle a\'ec le peuple anglais. En faisant cette solennelle déclaration, il ne parlait pas seulement en son propre nom, mais au nom d'un grand comité formé de toutes les branches du parti socialiste, comité qui, aux dernières élections législatives, avait réussi à mener aux urnes électorales 800,000 électeurs. C'était au nom de ces 800,000 socialistes qu'il avait le plaisir de déclarer que le peuple de France était de cœur avec le peuple d'Angleterre. li appartenait aux travailkurs eux-mêmes de s'atteler à la réalisation de la paix internationale, car il était absurde d'imaginer que les gou\'erneme11ts capitalistes fussent sincères dans leurs déclarations pacifiques. Le système entier du r.apitalisme était basé sur la guerre et la concurrence, et la guerre ne pouvait être abolie que par l'application universelle du système de coopération socialiste. Jaurès déclara voir avec joie que le combat pour la justice que soutenaient en ce moment les socialistes de France avait recueilli les sympathies du monde entier. Il était difficile aux étrangers de se rendre compte de la force contre laquelle le peuple français avait à combattre. L'Église n'était pas seulement une institution religieuse, mais encore une institution politique, cherchant insidieusement à s'emparer du pouvoir politique. Il n'y avait plus qu'un parti maintenant qui pût combattre pour la justice, et c'était le parti socialiste qui, à propos de Dreyfus, se mit en avant et dit : « Cet homme n'est pas des nôtres; ce n'est pas un travailleur, c'est un membre des classes privilégiées. Mais vous lui avez refusé la justice et nous, socialistes, nous réclamons la justice, même pour nos ennemis. » Le délégué belge Vandervelde fut aussi vivement acclamé par l'auditoire. Il dit qu'en Belgique les travailleurs imitaient le mouvement coopératif anglais pour le faire travailler à la cause socialiste. Il fit remarquer que l'Allemagne était gouvernée par la police et l'empereur, la France par le plumet des généraux, et la Belgique par la robe du prêtre. C'était dans les trois cas le même ennemi, trois armes différentes à l'aide desquelles les classes capitalistes oppriment les peuples. Le capitalisme était réduit à cedilemme : aller en guerre, - et il redoute la guerre, - ou maintenir la paix, et avec la paix l'instruction, et avec l'instruction le socialisme qui en découle naturellement. Les socialistes reconnaissent que la paix n'est pas seulement un principe et une politique, mais aussi une arme entre leurs mains pour créer des socialistes dans la prochaine génération. En temps de paix nous arrivons à nous connaitre dans des meetings internationaux et par une fraternisation générale. En finissant, Vandervelde fit remarquer que dans les trois drapeaux tricolores de la Belgique, la France et l'Angleterre, on trouve la couleur rouge. Supprimons les autres couleurs, a-t-il dit, et que le drapeau rouge soit l'emblème de toutes les nations au grand congrès socialiste international de l'année prochaine à Paris. Il va sans dire que la résolution, mise aux voix par le président Hyndman après une ch~leureuse invite aux jeunes socialistes de s'associer au glorieux travail esquissé par les orateurs présidents, fut votée à l'unanimité. Ba11q11deot 1111ê w l'/Jo11ne1d1er L1ebk11echt, Jaurès et Va1ule1··,xlde. - Le lendemain soir, jeudi 9 mars, un b:rnquet eut lieu en l'honneur des trois délé-
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