La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

MOU\"EMEKT SOCIAi. 49ï ANGLETERRE De notre correspondant Jules Magny : La dé111ocmtiseocialeet la paix i11teniatio11ale. - Le 8 mars 1899 restera un jour mémorable dans les annales du socialisme international. Jamais fraternité plus cordiale et plus sincère ne s'est affirmée entre les socialistes des quatre pays qui sont à !'avant-garde du mouvement. Les camarades anglais ont donné à Liebknecht, Jaurès et Vandervelde une réception enthousiaste dont le souvenir ne s'effacera pas de leur mémoire. Les délégués de France, de Belgique et d'Allemagne étaient venus prêcher un évangile de paix internationale tout différent de celui que le trop célèbre M. Ste::id prêche sous l'égide suspecte d'un ::iutocrate dont les actes démentent si effrontément les paroles. Malgré que la plupart des grands journ::iux quotidiens avaient fait le silence sur cette manifestation, Saint Ja111es'Hs all, la grande salle habituelle des grandes démonstrations, n'en a pas moins été bondée d'enthousiastes bien que les stalles et le balcon fussent des places payantes à 3 francs. Lorsqu'Hyndman (le président du meeting), monta l'escalier de côté qui conduit à l'estrade, suivi de Liebknecht, Vandervelde et J:1urès, et des représentants de toutes lt:s sections du mouvement socialiste en Grande-Bretagne, ce fut une ovation assourdissante, avec brandissemcnt de chapeaux et de m·ouchoirs, com111eseuls les Anglais sa,·ent en faire. Sur l'estrade, derrière le président et les trois délégués étrangers, j'ai remarqué les notabilités suivantes: Cunninghame Graham, Herbert Burrows, Morrison D:ividson, Sydney Olivier et E. R. Pease (de la société fabien ne), Quclch, Brocklehurst, E. Bernstein, Pete Curran, Wherry Anderson, le professeur Beesly, le docteur Clarke, le docteur Max Bach, A.-E. Fletcher (le rédacteur en chef de New Age), !'Indien Dadabhai Naoroji, F.-C. Joncs, W.-J. Borwick, J. Kent, Mmes Hyndman, Pankhurst, Gray et Despard, etc. A M. Headingley était échue la tâche ingrate et difficile de traduire en anglais les discours de Jaurès et Vandervelde, tâche dont il s'est acquitté avec beaucoup d'habileté. Je note dans la salle la présence de quelques clergymen et de deux membres de la Chambre des Communes, dont l'un r::idical et l'autre tory. Hyndman ouvrit le meeting par un appel éloquent en faveur d'une paix internationale établie sur la base solide de la solidarité des travailleurs du monde. Les social-démocrates, a-t-il dit, étaient en faveur de la paix entre les nations tout en étant partisans de la gu!!rre entre les classes. Il rappela que pendant les trois semaines qui avaient précédé la manifestation présente, trois cents socialistes avaient été arrêtés à Saint-Pétersbourg et que la libert<'.:d:es Finlandais avait été escamotée. Il déclara qu'il n'y avait aucune inimitié ni aucune cause de guerre entre les peuples d'Angleterre, de France, d'Allemagne et de Belgique. Rappelant une exclamation du maréchal allemand Vorwxrts, qui, visitant Londres au commencement du siècle, s'était écrié, en soudard qu'il était : « Mein Gott ! quelle ville à piller! », il ajouta que Liebknecht, un maréchal de l'armée socialiste allemande, pourrait dire : << Quelle ville à réveiller! » car Liebknecht était venu à Londres pour montrer aux Anglais,

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