La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

___________ ~_1_o_L·_,._E_~1_E_~_T_s_o_c_rA_L _ _ _ _ __ ., 93 J'ai souvenir d'une conférence féministe, présid.:e par l'excellent i\1. Lamquet, où dans un langage exquis, elle esquissa le rôle de la femme d;ins le passé et dans l'avenir. • Ln Fe11111e1t 1le' Verbt'1101wrnu, tel était le titre de cette étude documentée comme tous les sujets qu'elle a traités. Faut-il faire connaître la pédagogue? Son livre Ln petilt' Mr11agh<', les nombreux articles dJns di\'crs journaux nous montrent l'éducatrice th.:ori.:iennc de haut ,·or et de saine rJison. :Mme Paulin, ex-directrice de l'l~cole professionnelle de la rue Ganneron, disait ce que valait Aline Valette comme praticienne. La journaliste qui fonda l'Har111011sioccial<', collabora il b Rœuc socialiste, au Mnli11, à la Petite République, au P,·uple de Lyon, au Socinlisle, au Radical, etc. . Aussi, notre Directrice sut-elle l'attacher .\ la Fro11de, :i ses articles sur le Trnvnil desfe111111es étaient si justement appréciés. La maladie nous pri\'a longtemps de ses articles, toujours ~i exactement documentés. Notre journal eut le dernier effort Je sa pen~ée dans Li Tri/>1111,· intitulée Trnde-U111011s. Déjà la plume pesait lourd ,tu bout de ses doigts. Et pourtant elle espérait. Sa dernière lettre me faisait un peu .:roire comme clic, tant on voit volontiers possible ce que si ardemment on Jé~ire. Hélas! vaine illusion! Elle s'était trop dépensée; le cour,tgc ne suffisait plus; l,t volonté était vaincue. Ses collègues du Syndi.:at de l'enseignement g,trdent d'ell.:' un souvenir ému. Elle en fut longtemps la secréuire aimée, comme elle fut secrétaire du premier congn~s libre d'éducation organisé par le syndi.:at et dont le:, solutions généreuses ont été le point de dép.m de toutes les réformes accomplies depuis dans notre enseignement national. Combien modeste pourtant fut l'origine de ce petit groupe. Les noms des fondateurs sont faciles à rappeler, :\1.\f. Desmoulins, Francolin, Lavy, Ottin, Dr Guillard; Mmes de Filippin, Paulin, H. Sleyders (Mme Desmoulins), puis Aline Valette, J. Dclit et, plus tard, l'amie désolée qui signe ces lignes. De ce congrès de 1878 sortit le principe de l'éd11catio1i1ullgrnle, dont Aline démontra par ses œuvres la facile Jpplication. Fine nature d'artiste, elle dessinait et peignait, et fit des snlous trés remarqués; musicienne, elle vibrait aux grandes œuvres et interprétait nos maîtres comme un disciple ardemment pénétré. Telle est la militante, secrétaire de cette Fédérationdt'sSociJtesfemi11istes, que fonda une autre vaillante Eugénie Potonié; secrétaire du Conseil national du parti ouvrier, qui prit part à tous les congn:s ouvriers, à tous les congrés féministes. Comme membre du comité de surveillance de l'Ecole professionnelle de la rue c'anneron, dont elle était secrétaire aussi, elle présida l'une des distributions de prix de l'Écolc, et prononça un discours d'une ékgance exquise,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==