434 LA REVUE SOCIALISTE Roscnblum et Korn, que j'avais naguère connus à Zurich, mes compagnons d'armes pendant notre fameuse expédition des Yolontaircs de Sa:ckingen, où, aYcc treize hommes et un fusil, nous conquîmes un quartier de Bade en trois jours; Rosenblum et Korn, bien que plaisantant à tort et i tra,·ers, se sentaient quelque peu mélancoliques : deux des quatre feuilles du tréflc emblématique manquaient : Borkheim et Cohnheim, tous deux de Berlin, tous deux soldats de la guerre glorieuse et de la Rcvolution qui nç)Usavait Yaluà tous une détention plus ou moins longue. Borkheim, à la tête de sa batterie, chevauchait vers les frontières suisses et aYait encore un certain temps à rester près de ses hommes; de Cohnheim nous n'avions aucune nouvelle, ce qui nous inquiétait quelque peu. Nous savions seulement qu'en Champagne il avait perdu, non seulement son bataillon populaire qui l'avait abandonné aprés la bataille de \Vaghreusel, mais encore son cœur; et, le sachant tres romanesque, nous craignions qu'en recherchant son bataillon et son cœur, il ne lui arrivât malheur. Remarquons en passant qu'il devait atteindre heureusement la frontière; mais alors commencèrent les folies que nous redoutions de lui. Sans nouvelles de sa dulcinée, il repassa la frontière, retourna à Bade, tomba par hasard entre les mains des Prussiens, parYint a: s'enfuir de nouveau et nous le reYimes un beau matin, à GenèYe, les yeux 1m'.:lancoliques:à part cela, bien portant et raisonnable; - en tout cas guéri de son amour. \V. LIEBKNECIIT. (A suivre.) (Traduit par J.-G. Prod'homme.)
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