SOC\'ENJRS D'E:-IIL E"' SUISSE pelle quelle expérience en firent par la suite plusieurs d'entre nous, grâce au Conseil fédéral; la Suisse d'aujourd'hui, en des circonstances analogues, ne nous obligerait plus à les souligner. .. du moins osé-je l'espérer.) Le gros de l'armée était en avant. Pour nous, nous formions une société assez mêlée, réunie par l'orage des éYénements, nous connaissant d'ailleurs presque tous, - une douzaine : entre autres, le brave Gustave Struve (r), qui n'avait plus à tracer sur le papier des plans de batailles a venir; sa femme Ama.lie, qui ne voulait pas le quitter; Rosmblum, naguère aide de camp, et futur rédacteur du R11111111eltipuff ei1core à naitre; Nejj~ instituteur, jeune homme très actif et résolu qui s'était fort bien conduit a la tête de son bataillon populaire.:, jusqu'au moment où celui-ci lui fondit entre les mains, homme par homme, à la bataille de Rastatt; Dor/11, toujours prêt à toutes les audaces, au cœur toujours joyeux (2), plus âgé, il m'eût fait songer :'t Vol/1ervoll Alzeie (3); c'était à l'occasion un bon chanteur et il faisait rniturellement des vers, comme tout le monde à son tige; enfin, venait ma petite personne qui, à ce moment, pensait plutôt au Scbeide11vom Liebste11,was man bat (4) qu'à la Révolution vaincue. (1) D'origine russe, G. Struve, dont il sera parlé longuement tout ,, l'heure, naquit à Munich le 4 octobre 1805; de 182+ à 1826 il étudia le droit ù Go::ttingen et Heidelberg. En 18; 1, il fut secrétaire de la deputation d'Oldenburg au Bundestag; puis revint à Mannheim en 1832. De 1845 à 1848 il publie plusieurs ouvrages de droit, étudie la phrénologie; fonde un journal consacré à cette science, sur laquelle il conférencie à Mannheim et à Heidelberg; fonde à Mannheim le Deutscber Z11scba11er,en 184ï; le 5 juin de la même annee, il crée :', Carlsruhe le Club des E11/scbiedmesForlscbrilles, fait reparaitre à ~leutstadt son Z11sba1ur, q•.1i arnit peu duré à Mannheim. Après la Révolution de 1849, condamn~ :1 mort, il s'enfuit en Suisse, puis en France et en Angleterre. Il s'embarqua le 11 mai 1851 pour New-York, où, di:s le 1" juillet, il ressuscitait pour la deuxième fois le Z11scba11er,qui mourutdefinitivement le 1" avril 1852. De 185 3 à 1856, il vécut à Granitvillage (lie des États). En 1858. il publia Die So,iale Rep11blik. Amnistié le 7 aoùt 1862, il repartait pour l'Europe le 2 juin de l'année suivante. Pendant b guerre de Sécession, il aYait combattu avec le grade de capitaine. li a laissé un ouvrage sur cette guerre. sous le titre : Das S. Regi111enlNew- rorker Freiu.-illige11und Prinz Sa/m-Sa/111. On a, en outre, de lui, une Histoire 1111iuerse//e voluJJ1ineuse; Zwœlf Streiter des Reuol11lio11s (Berlin 1867), et beaucoup d'.tutres ouvrages dont on trouvera les titres aux Deutscbe Biograpbien (Art. de Wippermann, vol. 36, p. 686). Struve vécut it Rome it partir de 1869: il y mourut le 21 août 18ïo, en prononçant ces paroles : " Dieses e11/selzlicbesKrieg, icb m11ssfort! ,, Sa femme Amalie, née Dusar, morte en Amérique en février 1862, ., laissé deux ouvrages du plus grand intérêt: E1·i1111er1111ag1w1sder badiscl,e11Freibeitskœ111pfem (Hambourg 1850) et : Hùloriscbe Zeitbilder (Bremen 18;0). Elle fut emprisonnée aYec son mari en septembre 1848, jusqu'au 16 avril 18+9. (Note dtt lrad11c/wr.) (1) " Max Dorrn, dit un contemporain, était un tout jeune homme, un ..rdcnt idéaliste, qui participa à l'insurrection, dès le début "· (Gege11wnrl, 1849, 3° vol., p. 276). (Nole du trad11clt1tr.) ( 3) Héros des Niebe/Jt11ge11. ( ">lotedu trad11cleur.) (4) Chanson du Trompe/le de Sœcki11gen, opéra-comique populaire. (.Vole du traducteur.)
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