La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LE CO~GRÈS SOCIALISTE DE STUTTGART 33 de réaction a l'occasion de l'attentat de Luccheni. Voici le texte de cet ordre du jour : Les persécutions et les actes de violence pratiqués au cours de cette dernière année par le gouvernement hongrois et par le gouvernement italien contre les partisans de la démocratie socialiste et d'autres tendances d'opposition provoquent par leur caractère cruel et bas l'indignation de toutes les âmes droites. Les prétendues régies juridiques qui furent appliquées à ces malheureuses victimes - la violence policière brutale en Hongrie, la comédie des tribunaux militaires en Italie - caractérisent ces deux États comme des États à moitié barbares, et leurs classes dominantes, qui applaudissent à ces actes de violence, comme étrangères à tout sentiment d'humanité. La culpabilité de ·ces classes est déjà prouvée par la situation affreuse à tous égards des couches inférieures de la population hongroise'et italienne, situation qui réduit le peuple tra\·ailleur à émigrer en masse d'une patrie qui n'a pour eux que la misère, l'oppression et l'exploitation sous leurs formes les plus horribles,et qui façonne pour le coup de couteau et pour l'attentat des hommes à moitié sauvages comme Luccheni. Cette situation est un exemple effrayant pour tout pays civilisé, car elle montre ce qu'une aristocratie et une bourgeoisie cupides et despotiques peuvent faire de populations laborieuses et de pays fertiles. Le Congrès attire l'attention de tous les honnêtes gens sur cette situation. Le Congrès déclare en outre : Le Congrès considère la tentative d'exploiter l'assassinat de l'impératrice d'Autricf1e pour justifier des lois d'exception ou autres mesures réactionnaires ,dirigées contre la démocratie socialiste, comme un attentat aux droits et libertés déjà si minimes du peuple travailleur. Aucun parti plus que la démocratie socialiste n'a combattu cette opinion que l'assassinat de personnes occupant de hautes situations politiques puisse apporter la moindre amélioration à la situation existante. Ce ne sont pas les individus qui dirigent la marche des choses, mais les classes dominantes, aidées de leurs instrnments de puissance et de leur influence. Si toutefois certaines gens essaient d'utiliser le meurtre de l'impératrice d'Autriche dans le sens indiqué, uniquement parce qu'ils veulent satisfaire, par des mesures violentes prises contre le peuple travailleur, leurs bas et égoïstes intérêts de classe et leur violente haine des aspirations des classes opprimées et exploitées luttant pour obtenir une condition sociale et politique digne d'êtres humains, le Congrès exprime aux représentants de ces tendances hostiles à la classe ouvrière le mépris qui convient. Ainsi, le Congres, après avoir fixé la tactique du parti, aprés avoir pris position dans certaines grandes questions de la ,·ie politique allemande, jetait_un regard sur la politique <le l'Europe, et jugeait. * * * L'Assemblée avait achevé ses travaux. Le président prit la parole. Il montra comment, une fois encore, l'espérance des adversaires était

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