32 LA REVUE SOCIALISTE dans ses racines et consomment d'une manière improductive leurs forces morales tt phy~iques ». J\Iais le Congrès constate expressément que ces armements funestes aux peuples résultent exclush;einent de l'ambition, du désir de conquêtes et de domination des classes dominantes ; que les armées permanentes servent, ainsi qu'on l'avoue, d'instruments pour l'oppression des peuples et pour le maintien de la domination de classe; et que jusqu'ici la Russie a donné l'exemple des armements insensés, la Russie, qui est actue:llement en Europe le seul pays civilisé où le peuple soit pri\·è même des premiers éléments d'un gouvernement démocratique. Le Congrès estime donc que, pour que le projet du tzar soit pris au sérieux, le gouvernement russe doit donner le bon exemple, mettre un terme à ses armements, à ses cruelles persécutions contre les dissidents politiques, et donner au peuple russe les droits et les libertés sans lesquels aucun peuple ne peut remplir sa mission civilisatrice. Au reste le Congrès considère l'attitude de l'empereur de Russie comme un signe que l'inAuence désastreuse des armements militaire est reconnue méme dans les milieux autocrates d'Europe - bien que des arrière-pensées politiques di.!la plus haute importance aient pu contribuer à la fairé reconnaître officiellement, - et que par suite c'est plus que jamais le devoir de la démocratie socialiste et spécialement de ses représentants dans les parlements, de répandre par leur activité cette opinion dans des milieux toujours plus étendus, et d'opposer une énergique résistance à toute tentative pour renforcèr les armements militaires. Le Congrès pense que les peuples sauvegarderont le plus efficacement leurs " biens les plus sacrés » s'ils partagent les aspirations de la démocratie socialiste qui poursuit la paix, la liberté et la prospérité des peuples en favorisant puissamment le progrès social dans le sens de la suppression des antagonismes de classes et de l'élévation du samir et de la culture dans tous les domaines ; s'ils suppriment les armées permanentes et suivent pour le règlement des conAits internationaux la méme voie que doivent suin-e les citoyens de tout État civilisé dans les cas de litige, la voie des sentences arbitrales. Car aussi longtemps que des gom·ernements et des classes dominantes se disant chrétiens considéreront qu'il n'y a pas d'autre moyen de régler les conflits internationaux que les guerre~ meurtrières avec leur cortège de désespoir, di.! misère et de ruine universelle, notre ci,•ilisation qui s'appelle chrétienne sera l'ironie la plus sanglante, le blasphème le plus fort qui puisse être prononcl'.! contre les doctrines religieuses prt:chées dans les écoles, les églises et les ca~ sernes; elles sera un signe de la tartuferie qui est devenue un des fondements moraux de la societé présente. * * * Comme cet ordre du jour, fut voté à l'unanimité un ordre du jour, portant la signature de Liebknecht et de Bebel, et relatif aux persécutions dont ont été victimes cette année les socialistes ho1wrois . b et italiens et aux mesures d'exception projetées par les gouYerncments
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==