LA BA:--QCEROL"TE DE LA PHILOSOPHIE DES RACES 389 les barriéres qui les isolaient sont Jcyées, on voit s'effacer les traits intellectuels et moraux qui leur étaient particuliers : un milieu commun met une même empreinte sur les races les plus difl~rentes. C'est ainsi que l'histoire a recouvert et oblitere les distinctions de la nature. En constituant lentement ces grandes socictcs gui sont les nations, elle a constitue des unités morales, non des unités biologiques. Les nations unissent par l'àmc ceux mèmes que le corps separait. Les nations sont des« principes spirituels >l, qui opcrent la synthcsc de diflerents principes matériels. Et c'est pourquoi nous demanderions en Yain à la philosophie des races une démonstration pn'.·cise de ses thcses fa\·orites: c'est l'histoire même qui la lui rend impossible, bouleverse ses cléments et brouille en quelque sorte ses canes. Sous la Ycgctation touffue des idces et des sentiments, les races ont depuis longtemps disparu, comme les murs des chàteaux ecroulés sous les Iierrcs et les vignes sauYages. * * * On nous dira peut-être: L'argumentation vaut pour l'ancienne anthropologie, elle ne s'applique pas à l'anthropologie renouYclce, à « l'anthropo-sociologie ». Celle-ci sait qu'il ne faut plus identifier imprudemment les races et les nations. Mais dans les nations mêmes, elle prétend reconnaître et distinguer, par des mesures pn;cises, les éléments anthropologiquement diffcrcnts. Elle ne parlera plus de race anglo-saxonne, de race latine ou de race française, mais de race brachycéphale ou dolichoccphalc. Et clic pourra prou\'cr qu'ù ces caractères proprement biologiques, des caractères psychologiques, •des types sociaux correspondent. Dccouvrant les distinctions ethniques qui se cachent sous le Yernis national, elle prouvera, par exemple, que là où dominent les dolichoccphales là aussi domine l'initiative, l'indépendance, la haine du pouvoir central, tandis que la oi'.1dominent les brachycéphales, là aussi dominent la moutonnerie, la routine, le culte des idees égalitaires. • En fait, combien de pareils rapports seraient difficiles à établir, on le devine. Mais à supposer qu'ils fussent établis, par des comparaisons assez nombreuses, nous prétendons qu'ils nous seraient toujours suspects, que l'esprit scientifique se refuserait encore à tenir la dolichocéphalie pour cause de l'esprit d'initiative, ou la brachycéphalie pour cause des sentiments égalitaires, par la raison qu'on ne pourrait nullement lui indiquer pourquoi, suivant quelles lois gcnérales ceci peut engendrer cela. En un mot, même si certaines inductions étaient permises à la philosophie des races, les déductions lui seraient encore
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