La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

• ~IOC\'EMEJ\T SOCIAL les classes dirigeantes, dans l'intérèt du prolétariat et jouissant d'une influence incontestable parmi les ouvriers, M. Debs, le président de l'organisation des travailleurs de la voie ferrée, qui compte à l'heure actuelle plus de 200,000 membres, a pris la question entre ses mains pour préparer sa solution au moyen d'un projet de colonisation, dont les traits caractéristiques ont été exposés par Debs lui-même dans une conlérence, qui a eu lieu ces derniers jours à Chicago. La colonisation, dans de vastes proportions, de quelque État de l'Ouest, présentant les meilleures conditions de succès, au moyen des ouvriers sans travail, sous la forme d'une société coopérati,·e, voilà le but que M. Debs se propose de réaliser. L'organisation de cette puissante coopérative se ferait peu à peu, suivant les besoins : tous les travailleurs, organisés ou non, peuvent faire partie de la nouvelle association, pourvu qu'ils soient disposés à favoriser un changement radical dans le régim<: économique et social aujourd'hui en vigueur. La cotisation pour y ètre admis sera peu élevée : une contribution assez légère sera perçue tous les ans de chaque membre de la noll\·clle société. Une commission sera nommée pour étudier la question de la colonisation : sur son rapport, le comité exécutif, d'un commun accord, choisira l'État oü la colonisation doit commencer. Les· premiers pionniers seront choisis avec tous les soins : une discipline sé,·ère leur sera imposée. Les priv,nions, dès le commencement surtout', les attendront : c'est pourquoi les premiers colons doivent être des hommes ayant les qualités physiques et morales nécessaires pour lutter contre toutes difficultés, et les surmonter. La cause qu'ils servent soutiendra leur courage et leur dévouement. Quant aux fonds nécessaires pour commencer et continuer les travaux de colonisation, M. Debs croit pouvoir compter au moins sur 25,000 dollars (125 ,ooo francs) par an, en raison du nombre des membres de l'association coopérative, qu'il estime à cent mille dés le commencement et qui augmenteront rapidement d:ins la suite. Avec cette somme, M. Debs espère pouvoir suffire aux premiers besoins de la colonisation. M. Debs ne compte pas, pour la réussite de son projet, seulement sur les moyens économiques, mais aussi sur l'action politique que les membres de l'organisation pourront exercer sur les législateurs des États de l'Union et même sur le Congrès fédéral. C'est ainsi que les moyens de production et de distribution de la richesse pourront être collectivisés dans l'intérêt général. La question monétaire elle-même, qui a pris dans ces derniers temps des proportions si formidables, pourra ètre facilement résolue. Le chèque du travail reléguera parmi la vieille ferraille la monnaie aujourd'hui en circulation. - La durée du travail sera détruite à mesure des progrès techniques; il n'y aura plus ni oisifs, ;ii parasites : tous les hommes valides travailleront et la valeur entière du produit de leur travail leur sera acqui,e. Les premiers succès exerceront une grande influence dans tout le pays : on en aura la preuve dans la campagne qui s'ouvrira en 1900 pour l'élection du nouveau président de la république; la lutte sera engagée sous le drapeau socialiste. M. Debs espère· pouvoir réunir au moins deux millions de voix en fa,·eur du candidat à la 2 I

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