LA RE\'vE SOCIALISTE d'existence plus élevées. Il y a, en effet, entre le machinisme et le salaire une émulation incessante, t0ute amélioration réalisée par l'un aiguillonnant l'autre et le poussant à se perfectionner. Cette lutte de la machine contre l'homme, jusqu'à quel point, dans l'organisation sociale actuelle, est-elle bienfaisante ou meurtrière pour la classe ouvrière prise dans son ensemble? C'était le second point sur lequel devaient porter les recherches du statisticien américain. Malheureusement, les données qu'il a réunies ne jettent pas beaucoup de lumière sur la question. M. Caroll D. ·wright se borne à constater que les salaires n'ont pas cessé de progresser dans les fabriques, ce qui, dit-il, doit-ttre attribué soit à ce que le standard of life, « l'étalon » ou peut-être mieux ccl'étiage» de la vie de l'ouvrier a suivi une marche ascendante, soit à ce que son travail est devenu de plus en plus productif. Par contre, la vie du salarié est moins stable parce qu'elle subit le contre-coup des crises et l'influence du chômage. C'est précisément sur ce dernier point qu'il eût été intéressant d'avoir une large provision de chiffres. Le machinisme crée+il cette arm~e de réser\'e du capital à laquelle Marx attache une si grande importance? Dans quelle mesure ses progrès renforcent-ils cette armée? M. Carol! D. \Vright affirme que les salaires n'ont pas cessé de progresser. Nous admettons qu'il dit vrai. Mais <lans quelle proportion, sous l'influence des machines, les ouvriers non qualifiés sont-ils venus prendre, dans les fabriques, la place des hommes de métier, voyant comme ceux-ci, nous le reconnaissons., progresser leur salaire, mais ne se substituant pas moins, dans une production déterminée, à des travailleurs d'une rémunération pius élevée? Un autre aspect que les recherches de M. \Vright ont laissé dans l'ombre, c'est l'influence des machines sur l'épuisement nerveux des individus. En substituant la production à la machine à la production à la main, on introduit une double transformation dans l'industrie : on augmente et on précise la puissance des muscles du travailleur, mais en mème temps à la fatigue musculaire que l'on économise on substitue la fatigue nerveuse. L'ouvrier à la machine succombe moins que l'ouvrier manuel à la fatigue des membres; par contre, il est menacé d'un mal beaucoup plus grave tant pour la race que pour l'individu, l'épuisement nerveux. Jusqu'à quel point les craintes entrevues dans cetie condition se réalisent-elles? Il eût <'.:téintéressant d'avoir, sur cette question, des chiffres et beaucoup de chiffres. U11euouvelleIcarie. - De la PetiteRépublique sous la signature de Lati1111s: On a calculé qu.:::les ouvriers sans travail aux États-Unis sont trois millions environ; ce phénomène alarme chaque jour davantage les classes dirigeantes. Ce sont, en effet, les ouvriers inoccupés qui ont surtout appuyé la candidature de Bryan à la présidence de l'Union américaine, et ce sont eux qui ont formé le gros de l'armée qui, sous la direction de Coxey, a marché sur Washington, il y a trois ans, pour forcer le gouvernement à leur donner du travail. Maintenant un homme d'une grande valeur et qui a lutté toujours contre
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