La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

28 LA REVUE SOCIALISTE hommes politiques, et un homme politique ne deyrait jamais se lier s:ins nécessité, parce qu'il ne peut pas préYoir toutes les circonstances. Aussi Yaut-il mieux attendre simplement, pour voir cc qui arriYcra dans l'avenir et prendre position en conséquence. Rien ne nous a forcés a prendre position comme on l'a fait dans cet ordre du jour, et je crois que c'est, à vrai dire, plutôt un besoin de Mi\!. les Académiques, qui se manifeste encore ici. Le vieux Boerne a dit: « Si un Allemand a « une tache a son habit, il étudie <l'abord la chimie, puis il l'enlève.» li faut que tout :iu monde, en Allemagne en général, et dans la démocratie socialiste allemande en particulier, soit soumis a un examen scicn- • tifiquc. Tout doit devenir une \'Ue du monde. N:iturcllement, camarades, comme les choses ne nous font pas le plaisir de se produire toujours conformément aux lois que nous avons fixées, nous sommes obligés en fin de compte, par la suite, en une autre occasion, de faire une autre étude scientifique approfondie .... Ces ordres du jour et ces études scientifiques ont cc grand désaYantagc, que leur sagesse n'apparait jamais qu'après coup. Ce qui ne nous empêche pas, naturellement, <l'en mettre d'autres aussitôt à leur place, et de les considérer alors comme le dernier mot de la sagesse, pourYu que les événements les justifient pendant quelques années .... Je ne Yeux pas fair~ de proposition particulière, mais je dois aYoucr que je considl'.:rerais comme un gain la suppression de ch:icun des articles des considcrants, déjà pour la brièYeté, car l'ordre du jour aurait peut-être alors un peu plus de lecteurs. Cc qui m'eût été le plus agréable, ç'eùt été assurément qu'il n'eùt pas été du tout présenté .... Cependant il est la, et il importe peu en fin de compte qu'il soit accepté ou non. Il y :ibien des gens quise sentent tranquillisés lorsqu'ils peuYent remporter chez eux un peu de papier noirci. Mais si tous les considérants étaient rayés et que la conclusion restât seule, ou si la conclusion disparnissait aussi, pratiquement nous agirions exactement de la même façon. » Outre ces consi<lératio.ns générales, qui cachaient des préoccupations précises, les adversaires de l'ordre du jour Kautsky firent valoir des arguments se ramenant en général à ceux de Schippel. Ce fut l'article 8 des considérants, relatif à l'antagonisme du protectionnisme et du principe de la solidarité internationale des traY:iilleurs, qui souleva les plus vives objections. Certains exprimèrent leur crainte de voir des ouvriers étrangers, travaillant à très bas salaire, comme les coolies chinois, venir, par leur concurrence, faire baisser les salaires, réduire à néant les résultats péniblement obtenus, à la suite de luttes sans nombre contre les patrons, par les organisations syndicales des ounihs allemands. « Le concept de solidarité internationale, déclara von Elm, l'un des représentants les plus en vue <le la tendance syndicaliste- du mouvement socialiste en Allemagne, ne peut pas être tel

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==