La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

344 LA REVUE SOCIALISTE Encore, cette valeur, que la Société Générale prenait l'engagement de rembourser à l'État, à !'<:poque de sa dissolution, restait-elle sensiblement au-dessous de la valeur réelle des biens qui lui étaient attribués. D'après un rapport présenté au Congrès National; en 1831, par M. Stappaert, inspecteur de l'administration forestière, ils valaient e1wiron treute-buit millio11s de florins. Les seules propriétés du midi, c'est-à-dire les provinces belges, comprenaient ensemble 28,320 bonniers, qui furent exploités d'abord, aliénés ensuite, au plus grand aY:rntage des actionnaires de la Société Générale. Or, ces actionnaires, pour l'immense majorité des actions émises, c'étaient le roi lui-même et les membres de la famille royale. Voici cc que disait à cet égard, M. Jallon, dans son rapport à la Chambre des Représentants, le 5 août 1835 : « Votre Commission s'est adressée à la direction de la Banque pour connaître exactement le nombre d'actions appartenant au roi Guillaume et à chacun <les membres de sa famille, ainsi que le nombre total des actions dont se compose réellement le fonds de la Société; mais il n'a pas été satisfait à sa demande, qui est restée sans réponse. « S'il faut en croire les renseignements qui lui sont parvenus, pas eu non officiellement toutefois, l'émission de 60,000 actions n'aurait lieu pour le tout, mais seulement jusqu'à concurrence de 31,000 environ, dans lesquelles 25,800 appartenaient au roi Guillaume. » li semble donc que la So.::iété Générale, cette puissante machine capitaliste qui devait, dans la suite, conquérir la haute main sur toute l'industrie belge, n'eût été à l'origine qu'une personne interposée - le paravent des spéculations royales. « C'est ainsi que - disait à la Chambre des Représentants, le 31 décembre 1835, M. de Smet, aYec plus de vérité que d'élégance, - le roi Guillau111e1 d'un esprit essentiellement calculateur, réalisa une somme importante de ces biens et, à l'aide de complaisants intervenants, dont je tairai les noms, quoiqu'on pourrait bien signaler au public qui sont ceux des Belges qui ont aidé, dans cette occasion, l'aYidc Guillaume, a Yolcr nos antiques domaines. » Sous le régime hollandais, il est vrai, ces biens restèrent à peu prcs intacts. « Jusqu'en 1830, dit M. Malou (r), la Société Générale administra ses domaines comme un bon père de tamille qui a l'intention de l~s conserver. Plus d'une fois, clic déclara à ses actionnaires que les ressources de l'avenir sont ménagées aYcc autant de soin et de prudence (1) Notice bislorique rnr la Société Gé11fralepour favorise,· l'i11d11strie11atio11ale.

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