LES PARTIS POLITIQUES ET L'AGRICULTURE EN ITALIE 3ZI nations. Et pourtant, malgré le caractère fondamentalement politique qui lui est créé par une telle situation, il tend toujours de plus en plus à se donner une base économique, dans le double but de s'acqucrir des accointances parmi les populations en proie à une détresse économique croissante, et de voiler ses aspirations politiques en collision trop vive avec le sentiment national qui exclut tout retour au pouvoir temporel. I I LE PARTI LIBtRAL Le parti libéral - conservateurs et progressistes - est, d'après la Constitution du royaume d'Italie, le timon de l'État où conser\'ateurs et progressistes alternent et se confondent. En sa qualité de parti de gouvernement, sa position en face de la production agraire et des cercles agricoles peut être considérée à deux points de vue : r) action législative de gouvernement; 2) action stimulatrice de parti politique dans le pays. Pour le premier point, c'est bientôt dit : le gouvernement libéral italien a augmenté notablement, de r86r à l'heure actuelle, la dette publique et la fiscalité. La dette publique, le 4 °/o ne peut que tenir haut l'intérêt de l'argent et contribuer à éloigner de l'agriculture les capitaux qui trouvent plus commode de s'employer aux rentes d'État qu'aux entreprises agricoles. La fiscalité pcse en Italie de façon sensible, comme sur le reste du revenu, sur la production agricole: l'impôt foncier représente le 24 °/o, tandis qu'en France il est de r r 0 / 0 , en Prusse de r 5 °/ o, en Belgique de r 8 °/ o, en Angleterre de 22. Seule l'Autriche surpasse l'Italie avec le record de 30 °/o. Le budget de l'agriculture, en contraste avec les fabuleuses augmentations des budgets de la guerre et de la marine, est toujours resté à la mesquine somme de 5 millions environ; d'où le manque d'aide à l'instruction agricole, l'insuffisance des barrières contre l'invasion du phylloxera, et ainsi du reste. Et l'on pourrait continuer en ajoutant le protectionnisme; tous les soins réservés aux voies ferrées sont, pour ainsi dire, nuls quand il s'agit de l'amélioration des terrains paludéens. Tel est le bilan du parti libéral de gouvernement. Sur le second point, la seconde action dans le pays, ce parti qui pourtant est formé en grande majorité par les mille petits centres agricoles d'Italie, qui comprend en conséquence qu'il tire toute sa force de l'adhésion - un peu trop inconsciente d'ailleurs - d'une population spécialement campagnarde qui, par suite, cherche par un sentiment instinctif de conservation à maintenir et à renforcer de telles adhé2T
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