LA REVUE SOCIALISTE nion proYient de cc qu'ils ne suiYcnt pas la vérité, qui est unique, mais le mensonge, qui est multiple. L'unique moyen d'union est donc de s'unir dans la Yéritc. C'est pourquoi plus les hommes recherchent sinccrement la Yérité, plus ils approchent de l'union. Personne ne Yiendra à notre aide, si nous ne nous aidons nous-mêmes. Et pour s'aider soimêmc, il ne faut rien attendre ni du ciel ni des hommes, mais cesser de faire du mal et tâcher de faire un peu de bien. Il suffit à chacun de commencer à faire ce qu'il doit, et de cesser de faire ce qu'il ne doit pas; il nous suffit de mettre sur nos actes toute la lumiérc qui est en nous, pour qu'aussitôt s'établisse le royaume de l'Amour auquel tend tout être humain. L'amclioration des conditions de la vie humaine rcsulte des efforts moraux isoles, de l'cclaircisscmcnt de la vérité et de son obserYation. Si les hommes pouYaicnt seulement se persuader que la force n'est pas dans la force, mais dans la véritc, s'ils s'y tenaient en paroks et en actions, s'ils ne disaient pas cc qu'ils ne pensent pas, s'ils ne faisaient pas cc qui, à leurs yeux, n'est pas bien! La force ne réside pas dans la force physique, mais dans la pensée et dans sa claire et indcpcndante expression. Cette force spirituelle, toute puissante, ins;1isissablc et libre, est celle qui apparaît dans l':\me d'un hom_me lorsque, seul, il songe en lui-même aux événements du monde, puis ensuite, i1wolontairement, expose sa pensée aux personnes avec lesqudles il est lié. Ni les milliards de roubles, ni les millions Je soldats, ni les institutions, ni les guerres, ni les révolutions, ne feront jamais cc que peut faire un homme libre lorsqu'il exprime tout simplement cc qu'il croit juste, sans se laisser troubler par ce qui existe et par ce qu'on lui soume. Un homme libre dira franchement sa pensée et son sentiment au milieu de milliers d'hommes dont la conduite et les paroles expriment tout le contraire. li semblerait que celui qui dit avec sincérité sa pensée dût rester isolé, mais le plus souYent il arriYe que tous ou Ju moins la plupart des hommes ont depuis longtemps la même pensée et le même sentiment, seulement qu'ils ne les expriment pas. Ainsi, cc qui représentait hier l'opinion d'un seul homme deviendra bientôt celle de la majorité. La conscience d'un seul homme peut éYeillcr et purifier celle d'un peuple! L'essentiel, c'est de former l'homme. Aucune organisation sociale ne donnera a l'homme le bonheur qu'il rêYe, si l'homme lui-même n'est pas chàngé. L'œuvre première est de former l'homme. ÜSSIP-LOURIE. (La fi11 J>rochai11emenl.)
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