LA REVUE SOCIALISTE monnaie, mais cent ans aprcs, aYec les progres de la centralisatioo mo1urchique, trente-cinq seulement. Malheureusement l'unification croissante de la frappe monétaire coïncide anc les altérations de poids et de titre des monnaies royales. Jusqu'en 1337, la royauté n\~met pas, au moins systl'.:matiquemcnt, de fausse monnaie par altération de poids et du titre, mais clic s'arroge, ainsi que les seigneurs, I.e droit de fixer la valeur de la monnaie et, des lors, celui de faire Yaricr les prix. Sous le roi Jean, de r 350 ù r 360, la livre-tournoi change soixantedix fois de Yaleur; il en était de même dans les seigneuries, mais à un moindre degrl'.:; c'étaient de vcritables emprunts forces non remboursables si cc n'est, car tout se paie, par le traYail national. Cette pra - tique odieuse et ruineuse se pcrpctua, même aprcs l'unification royale de la frappe, jusqu'ù Louis X\', le Bien-Aime! Jusqu'au quinzicme sicclc, Yilles, communes, corporations de marchands traitent aYcc les seigneurs et les rois pour s'assurer contre les Yariations et altcrations monétaires moyennant une rednance annuelle ou au comptant; toutefois, remarquons-le bien, le droit du prince n'est pas nié; c'est un droit patrimonial, il fait partie du domaine. Des traités de cc genre interYiennent aYec les rois de France en I 120, II 33, r 183, I 195 et plus tard; en 1282, le duc de Bourgogne s'engage pour deux ans a ne pas muer la monnaie moyennant une redevance de cinq sols par feu et de un dixième du reYenu. En 1236, les Aragonnais accordent à leur roi Jacques Ier une certaine somme par maison afin que la monnaie fût toujours de même loi et poids. Aux quatorziéme et quinziemc siècles, de nombreuses ordonnances royales interdisent en France de receYoir les espèces d'or à un cours supérieur au cours lcgal; même antérieurement et pour cause il aYait eté défendu de peser la monnaie; c'était cependant le seul moyen de Yerifier alors sa Yalcur i·eelle. Charles VI, en 1380, dans une de ses ordonnances, declare qu'il est obligé d'affaiblir les monnaies « pour résister à notre adYersaire d'Angleterre et à sa damnable entreprise, attendu qu'à présent, nous n'avons aucun autre revenu dont nous puissions nous aider ». Ainsi Je même que le tresor était une annexe du domaine, la frappe et l'altération monétaires étaient une ressource extraordinaire, une forme grossière de crédit public a caractère également seigneurial et patrimonial, c'est-à-dire indiYidualiste. En vertu du même principe, Charles \'II, en 1422, retient les trois quarts d'un marc d'argent pour son droit de seigneuriage et pour son droit de fabrication; il préleYe davantage encore sur le marc d'or; peu après la mort de son prédécesseur, il a\'ait baissé la valeur du marc d'argent de neuf livres à sept lines dix sols, et celle de l'ccu
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