La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SUR LA ~10).:);AIE, LE CRÉDIT ET LES BA);QL'E~ 297 et en or; la circulation de ces métaux:\ l'intérieur fut interdite, même celle dL:sbijoux. Tout or et argent, monnaye ou non, devait être remis au trésor sous peine de mort. Le système y dura cependant moins qu'en Chine et le papier monnail'. dut ètre retiré, non pas, bien c11tendu, parce qu'il <'.:taiitnapte à remplir la fonction sociale d'interm<'.:diaircdes échanges, mais parce que son émission cxcessiYe comme rn Chine, en Russie et ailleurs, cessa à un certain moment d'être en correspondance même lointaine aYec les besoins monétaires toujours déterminés par le quantum même des transactions et l'intcnsit<'.: circubtoire du ml'dium même des échanges. Toute la conception médié,·alc de l'Europe en matiére de scrYice public est basée sur le domaine; c'est celui-ci qui doit sulwcnir :rnx besoins de l'administration, aYcc le trésor pour les cas extraordin:1ires et urgents. Il faut y ajouter les droits f<'.:odaux.C'est seulement en cas d'insuffisance et pour des besoins réels que le prince peut recourir:\ la taxation; cc sera la doctrine même de Thomas d'Aquin. Le même principe, comme le dit Th. Rogers dans J11terprélalio1é1co110111iqd1e1e l'/Jisloire, est admis en Angleterre où il sera formellement proclamé en 1467 par Édouard Il comme conforme ù b traditio11 rcguli(-rc. C'est pour cela _qu'en droit le domaine royal est considéré comme deYant être imprescriptible et inalil'.:nablc; il correspond :'t un sen·icc public; c'est seulement en cas de besoin que les sujets doiYent dL:s aides. La formation d'un trésor est le corolbire de la conception patrimoniale du domaine de l'État au Moyen-Age. Quand l'unité impériale romaine se fut disloquée, le droit de battre monnaie se décentralisa éaalement. De1·ù,les MéroYinQiensle laissent 0 ~, usurper ou le concèdent aux comtes, aux én:qucs et aux Yillcs. Mèrne M. H. Pigeonneau note que les membres de l'ancienne corporation des monnaies, dont la signature était la seule garantie officielle de la monnaie, continuèrent ù un certain moment à frapper à lem propre nom et à leur bénéfice, d'après les types les plus diYcrs (r). Au septième siècle, en France, il existe un nombre incalculabk d'ateliers monétaires sans controle ni garantie. En 805, dans un Capitulaire, Charlemagne, poursuivant' son rèYe impérial prématuré ou rétrograde, prohibe tout atelier monétaire autre que l'atelier royal; mais la dissolution reprend son cours aprés lui et jusque vers la fin du quatorziéme siècle, la royauté et les grandes seigneuries possèdent des ateliers monétaires et battent monnaie (2). Sous Saint-Louis, quatre-vingt seigneurs frappent encore dl'. la (1) Histoire du commercede la France, I, p. 82, cité par M. Nys clans Rcchercbes, etc. p. 181. (2) Glasson. Histoire des imtitutio11spolitiques de la France, VI, p. 28 et sui,·. - Engel et Serrure, Histoire nu111is111atiq11e d" Moym-Age, 1890. .

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==