22 LA REVUE SOCIALISTE assoc1at1ons dt:s ouvriers, pour rendre vains les efforts qu'ils font en Yue d'améliorer leur condition, et les réduire it la condition d'ilotes modernes; 70 Que ces droits de douane agissent en même temps comme droits de finances et livrent aux gouvernements leurs ressources les plus abondantes pour dé\·elopper le militarisme, qui n'aurait jamais pu, sans la politiqueprotectionniste, prendre une aussi grande extension ; 80 Enfin que les droits de douane s'opposent à la solidaritc internationale du prolétariat en accentuant artificiellement les antagonismes d'intérêts qui rcsultent des relations capitalistiques de production et d'échange ; Le Congrès déclare : La politique protectionniste, dans l'Empire allemand comme dans tout État dt: grande industrie déYcloppée, est inconciliable a\·ec les intérêts du prolétariat, des consommateurs, de l'holution économique et politique, et favorise seulement les intérêts des grands monopoleurs de l'agriculture et de l'industrie ainsi que ceux du militarisme et des gouvernements qui ne sont pas soumis il un contrôle démocratique, c'est-à-dire des pires ennemis du prolétariat et de la démocratie. Ce sont les mcmes classes qui menacent les coalitions ouvrières de la maison de force et qui favorisent la formation de coalitions de patrons par le protectionnisme. C'est donc un de\·oir, en particulier lors du renouvellen'lent des traités de commerce, d'appuyer toute mesure allant dans le sens de la liberté des échanges, et au contraire dL: combattre avec Li derni~re énergie toutes les mesures tendant à maintenir ou à fortifier le régime protectionniste actuel. Schippel et Kautsky motivèrent leurs ordres du jour. L'objet de Schippcl était d'empêcher l'Assemblée de se lier, et de lier ses députés à la politique du libre échange. Il Youlait qu'on fit au protectionnisme sa part. A cette fin, il étudia le rôle du libre échange et du protectionnisme dans l'histoire, l'attitude spontanée de la classe ounière des diYers pays en face de ce probleme, ses intérêts, l'attitude de la démocratie socialiste allc111andejusqu'.\ cc jour. Tout d'abord il s'attaqua à cette opinion, tres répandue dans le parti, que le protectionnisme. soit par essence réactionnaire; le libre échange, libéral et progressiste. Il prit ses exemples dans l'histoire économique des États-Unis et de l'Allemagne. Quels i.'.:taicnt les a\'Ocats du libn: échange, aux États-Unis? C'étaient les grands propriétaires d'esclaYes des plantations de coton. Leur but était d'cxpcdier à bon compte leur coton en Angleterre; ·et pour cela ils deYaicnt ouYrir leurs portes aux produits de l'industrie anglaise; il leur importait d'ailleurs de ne pas laisser s'établir en Amérique une classe d'ouvriers salaries; le libre cchange était pour eux un moyen de maintenir et d'étendre l'csclaYagc. Quels étaient les protectionnistes? C'étaient les gens du Nord, habitant les regions des côtes. Ceux-là voulaient faire de l'Amérique un état industriel indépendant; ils Youlaient des droits de douane qui permissent à l'industrie de se déYclopper. Ne représcn-
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