La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Un centralisme même purement économique est-il compatible avec des <liYergences de climat, de race, d'intérêt, d'organisation sociale aussi accentuées ? Il y a plus encore. Si l'on envisage le Zollverein au point de nie commercial strict, pourquoi imposer aux divers membres des sacrifices fort inégaux? Pour recevoir en franchise les produits coloniaux, l'Angleterre n'a point à révolutionner son systcme douanier. Au contraire l'Australie, étroitement protectionniste, à part la Nouvelle-Galles du Sud, devrait supprimer la taxation <le 30 à 35 °/0 qu'elle prél<'.:ve sur les importations britanniques. Et ce n'est pas seulement pour sa propre expansion industrielle qu'une telle innovation apparaît fort grave, c'est pour son équilibre financier. L'abolition des droits de douane, qui constituent le plus clair de son revenu, mettra son budget en perpétuel déficit. Le Royaume-Uni voudra-t-il combler ces lacunes inévitables et s'imposer en faveur de ses dépendances des charges dont il s'est depuis longtemps déshabitué? Tels sont les diYers problémes que suscite le programme impérialiste. L'on ,·oit que ses adversaires peuvent alléguer contre lui des inconvénients aussi complexes que nombreux. La Fédération Anglo-Saxonne est pourtant plus qu'une possibilitë d'avenir, car elle est dans l'ordre logique des choses, et si l'on ne peut prédire sur quelles bases précises elle s'organisera, son triomphe n'est guère qu'une affaire de temps. Elle ,1pparait comme une nécessité inéluctable pour la bourgeoisie britannique; les colonies y trouveront, en somme, assez d'avantages transitoires pour l'accepter malgré certains ennuis. * * * Admettons donc qu'elle se forme, que les aspirations des Chamberlain, des Charles Dilke; des Rosebery deviennent réalité. Labourgeoisie britannique prolongera+elle de beaucoup son prestige; arrêtera+elle la poussée du socialisme? L'accaparement des marchés coloniaux rendra pour un temps la prospérité à l'industrie d'Outre-Manche, doublera son activité, stimulera son espoir. Mais ceux qui s'imaginent, par l'impérialisme, refréner !\:Jan prolétarien, ne vont pas à la moelle des choses et s'arrêtent à un examen superficiel. Que les salaires se relèvent, gdce à un renouveau d'achalandage, qu'une partie de la classe laborieuse des Trois-Royaumes s'assoupisse dans un regain de bien-être, que devant l'éléYation de l'étalon de vie, elle atténue ses revendications : soit; mais croit-on qu'il suffira de fédérer toutes les terres anglo-saxonnes, pour couper court

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