' • L JMPERIALISME AXGl.0-SAXOX économique fennec. L'Empire britannique ne serait plus ainsi un YOcable en partie fictif; il acquerri:it la plenitudc de b n'.:alite,et le Canada, l'.\ustralic, l'Inde seraient presque aussi etroitcmcnt lies à l'Anglctern.:: et entre eux, qu'un département français à un autre département français. Les colonies auraient à peu près le monopole du marché des Trois- Royaumes et ceux-ci se réserYcraicnt le monopole des colonies. Du coup, la Grande-Bretagne, qui Yend à ses annexes pour deux milliards annuellement, pourrait tripler, quadrupler, quintupler ce chiffre. Telle est l'idée maitresse de l'impcrialismc. Nous insistons bien • sur cc fait qu'elle n'est pas récente, que toute une partie de la presse de Londres n'a cesse de la répandre, de la justifier, et que si son triomphe dans l'opinion est d'hier, sa lente pénetration remonte à une date fort antérieure Des 1887, dans un discours à Toronto, au Canada, Chamberlain l'exposait, l'examinait en détail. Et si depuis, on reprenait un à un ses discours, l'on nrrait qu'il ne l'a pas abandonnec un instant. Deux faits ont marqué trcs nettement la campagne impcrialiste: la rcunion des ministres coloniaux ù Londres au Jubile de la Reine en 1897 et la YOtation récente de l'Australie sur la Fedération du Continent Occanien. Ni l'une ni l'autre n'ont consacre le triomphe du programme de la Grcatcr Britain, mais tous deux en ont largement précipité l'échéance. L'idcc est-elle rcalisablc, la confcdcration économique des terres anglo-saxonnes prcYaudra-t-clle contre des obstacles dont nul ne conteste l'importance? ous croyons certes que le projet ne cheminera pas sans encombre et qu'il ne s'exécutera pas en un clin d'œil, mais rien ne permet de supposcr que la réussite en soit impraticable. Les difficultés sont nombreuses; jusqu'ici les colonies de l'Afrique Australe et de !'Australasie sont restées séparees; le Cap et le 1atal ont des intér0ts contradictoires et leurs ports se disputent le premier rang; la Nom·clle-Galles du Sud et le \ïctoria ne veulent pas s'incliner l'un devant l'autre; ils répugnent aussi à accorder dans un Sénat Fédéral de Sydney ou de Melbourne, une représentation qui égale la leur, aux colonies plus jeunes ou moins prospcres, à l'Australie de l'Ouest par exemple : enfin le rcgime économique n'est pas uniforme dans le grand continent de l'Hémisphérc Sud, la Nouvelle-Galles étant libre ccbangiste, et les autres Etats ultra-protectionnistes. En Amérique, si le Canada est déjà confédéré, Terre-Neuve marque contre le Dominion une hostilité incessante : le Parlement de cette île ne parle de rien moins que de voter l'a1~nexionà l'Union Amcricainc. li y a plus. Comment fondra-t-on sous un même régime, ou tout au moins dans une suffisante harmonie, des contrées aussi différentes à tous égards que l'Ecosse, les Antilles, l'Inde et la Noll\·elle-Zélande? • I
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