• 1.'DIPERIALISME Al-:GLO-SA:XOJ\' pour sa Yille, Birmingham, pour son industrie, pour ses appétits, nous donnent la clé du phénomène psychologique qui triomphe de l'autre coté de la Manche et dont presque chaque Anglais, de condition moyen ne ou supérieure, nous offrirait un suffisant aperçu. * * * L'impérialisme anglo-saxon n'a rien de superficiel; encore moins mérite-t-il d'être assimile à ces épidémies mentales qui à di\'erscs heures des derniers siècles se sont déchaînées sur telle ou telle nation. Il se rame ne à des principes profonds, à des raisons strictem\.'nt économiques; il illustre même au plus haut point cette thèse socialiste qui affirme la subordination des e\'encrn.ents politiques aux faits d'économie. En deux mots, on peut dire qu'il s'explique par la décadence du commerce du Royaume-Uni, par la stagnation de son industrie, par les appréhensions que cette chute inatten,lue a semées dans la classe dirigeante. La France n'est pas le seul État qui ait été touché, en ces dix dernières années, par une fort sensible dépression. Dans un précédent article, nous ctudiions les <li,·ers indices de la crise qui l'a frappée. Si le Royaume-Uni a été, en apparence, moins douloureusement atteint, il traYersc une érnpe pénible, une période d'autant plus sombre que les élcments de sa déchbnce lui paraissent plus difficiles à extirper. li ser:1it nc'.:cessairepour attester l'exactitude de cette assertion, et pour plonger jusqu'aux r:1cincs de l'impérialisme, <leproduire ici de trcs nombreuses statistiques. li faudrait amir le loisir de reprendre les relations d'échange de nos \'Oisins, aux deux dates extn'.:mcs de la série décennale, dans tous les pays où ils font quelque tr:1fic. ~lais l'on a,·ouera qu'une telle recherche, si concluante fût-elle, serait des plus fastidieuses. On nous permettra donc de nous borner à citer quelques chiffres parmi les plus suggestifs. De 1889 à 1897, le commerce total de l'Angleterre n'a présenté que 55 millions d'augmentation (18,743 et 18,798 millions). Dans le m<'.:mleaps de temps, l'Allemagne passait de 8,835 à 10,249 ( + 1,4 q), la Belgique de 3,oq à 3,162 (+ 148), les Pays-Bas de 4,873 à 6,250 (+ 1,377), la Russie de 4,751 ù 5,rr3 (+ 362), la Suisse <le 1,601 à 1,727 (+ 126), le_Canada de 994 à 1,218 (+ 224), les États-Unis de 7,623 * 9,433 (+ 1,810), la Chine de 1,139 à 2,011 (+ 872), l'Inde dL 4,592 à 4,996 ( + 404), et enfin le Japon de 729 a 2,052 ( + r 323). Si nous prenons les exportations britanniques, qui nous intéressent tout spécialement en la maticre qui nous occupe, elles se sont abaissées dans une graYe proportion, accroissant chaque année l'écart entre leur somme et celle des entrées.
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