LA RE\'CE SOCIALISTE raisons autrement concluantes, son efficacite moins contestable et moins lointaine. Le pangermanisme et le pansla\'Îsme ont étè les conceptions de quelques publicistes ou de quelques hommes d'État en quête d'arguments; a defaut de motifs tn:s concrets, on pouvait alléguer en leur fayeur certaines Yisées d'ethnographie, cette sentimentalité bcate qui joue sur les ignorants, cette pompeuse phraseologie qui est au fond, aupres des masses mal cduquces, le grand ressort de la politique. L'impérialisme anglo-saxon est une aspiration confuse et un programme économique: aspiration confuse pour une partie des classes laborieuses d'Outrc-l',!anchc, qui comme une partie des nôtres, accepte sans bénéfice d'inYcntairc les suggestions grossieres d'un nationalisme exaspéré, ou les incitations d'une oligarchie dominante trop habile; programme économique -pour la grande bourgeoisie industrielle, menacée pour la première fois, depuis des siccles, dans sa prépondérance universelle, assaillie par la concurrence dans ses monopoles de débouchés, condamnce à perdre son influence sociale et politique en même temps que son admirable prospéritc commerciale. L'impérialisme anglo-saxon prcsente donc trois traits essentiels et d'ailleurs contradictoires : il sort d'une exaltation chauYinc; il est destiné à sauver les priYilègcs de la classe suzeraine; il aboutit à brisèr des frontières et à former la plus Yaste agglomération d'hommes, le plus large fragment d'intcrnationalitc qui se sera jamais réYelé. On conçoit ainsi qu'il mcrite d'intéresser le socia,lisme et qu'il vaille la peine d'être examine, scrute aYec une attention soutenue. * * * Depuis deux siècles le Royaume-Uni a mis à la base de son action extérieure : l'expansion coloniale. Du jour où, dans ses comtés, l'industrie s'est substituce à la production agricole, il s'est tourné vers les pays lointains et a procédé à des annexions ininterrompues. Les guerres qu'il a soutenues avec la France et l'Espagne, au dix-huitième siècle, n'ayaient d'autre objectif que la conquête des dépendances exotiques de ces pays. Les campagnes de l'Empire se sont encore soldées par des acquisitions de cette nature. Depuis Yingt an~ l'Angleterre a accompli, dans cette üche d'élaraissement lJroarcssif de aioan- ~ V ' t:> b tcsques efforts. Elle n'a pas été partout heureuse; clic a dt'.iparfois reculer deYant des peuplades trop énergiques ou trop bien armees, mais elle a réussi à fom1er autour d'elle une agglomération de territoires auprès de laquelle les empires de l'antiquité n'étaient que jeux d'enfants. A l'époque immédiatement contemporaine, son actiYité s'est portée sur deux continents, où elle a poursui Yi, a\'ec la ténacité,
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