JUIFS DE HUSSIE - celles des moujicks ignorent cette division du logement. D:ins la chambre la plus vaste on trouve quelques meubles, une table, une commode: aux fenêtres, des rideaux, œuvrc dl: la maitresse de maison; aux murs, le portrait de l'empereur et de l'impératrice, celui du baron Hirsch et le plan de Jérusalem; dans un coin, les lincs de prières. L'izba est proprement tenue, bien éclairée. Les colonies du gouvernement de Cherson sont toutes établies de cette façon. Elles sont pauvre_s, cependant, et les épidémies y sont fréquentes. Mais on peut dire qu'elles sont, malgré ce, les plus florissantes de toutes les colonies agricoles juives. La raison est la suivante : les Israélites qui les composent se trouYaient depuis longtemps dans le pays et n'ont pas eu pour coloniser à s'adapter au climat, à la terre. Au contraire, les colonies d'Ekaterinoslav sont composées de Juifs venus de tous les coins de la Russie, de Vitebsk, de \'ilna, de Podolie, etc. Dans leur émigration, ils se sont encore appaunis et les colonies qu'ils ont formées, au nombre de dix-sept, sont bien inférieures à celles de la province de Chcrson. Ces dix-sept colonies ont été établies loin des cours d'eau, loin des moyens de transport, et là réside une nouYelle cause de leur pauvreté. Elles sont ravagées continuellement par des maladies, et l'éte par le choléra. Beaucoup de colons :ibandonnent leur maison et leur champ par crainte des épidémies, et aussi par crainte des moujicks qui, dans cette région, font une chasse impitoyable aux Juifs, brûlant leurs récoltes, tuant leur bétail, incendiant les izbas. Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins démontré par les faits que les Juifs, dans les colonies agricoles qu'ils ont créées, nous apparaissent capables de se livrer aux travaux de la terre. Là où ils échouent, la faute en est aux conditions économiques dans lesquelles ils sont placés. Dans tous les cas, ils se sont montrés au moins égaux, dans la culture du blé et des céréales, aux paysans russes. Les qualités nécessaires au développement de l'agriculture parmi les classes inférieures des cultivateurs qui doivent tout accomplir de leurs propres mains, lutter longtemps contre la terre, sont la résultante d'une expérience acquise par des années et des années de labeur. L'agriculture nécessite des qualités impossibles à acquérir d'un seul coup. Les Juifs des colonies ont su, en très peu de temps, se montrer doués de ses qualités : quant au succès, ici, comme partout en Russie, il dépend de la situation faite à cette classe de travailleurs par l'État, de la qualité des terres données, des procédés de culture introduits, etc. C'est la faute de lÉ'tat si les colonies agricoles juives n'ont pas entièrement réussi : quant aux agriculteurs, ils ont fourni la preuve de leur bon vouloir et de leur activité. En effet, tout prés de ces colonies israélites, vivent des colonies
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