LE CONGRÈS SOCIALISTE DE STUTTGART 9 parti, le Co11grcs, se réunit à Stuttgart. Un petit groupe se forma, qui mena l'assaut contre les modérés. Les quelques personnes qui le composaient étaient Rosa Luxemburg, une juiYe polonaise, à b parole ferme, ardente mais non fiévreuse, sûre, précise, jeune fille petite, mince, qui monta sur une chaise près de la tribune pour prononcer son premier discours; Clara Zetkin, la véhémente propagandiste, Yiolentc, passionnée; Schœnlank, député de Breslau, rédacteur en chef de la LeipzJger Arbeiler-:._eitm,g, qui, trois ans auparavant, au Congrès de Breslau, dans la discussion du programme agraire, avait compté parmi les modérés, avait été jusqu'à parler de la nécessite de réviser les principes, et qui maintenant, conquis à la tactique révolutionnaire, éclatait, de toute son âme etde tous ses nerfs, en invectives enflammées; enfin, Stadthagen, le fougueux député berlinois, qui mit le feu aux poudres. Parrns était présent, mais il n'etait pas délégue. Aussi son rôle ne fut-il que de peu d'importance. Il ne prit la parole qu'une fois, pour s'expliquer, autorisé, sur la proposition de Singer, par un vote de l'assemblée. - La thèse de la politique rnodcrée était défendue par l'ayocat berlinois \Volfgang Heine, député, homme jeune, froid, et qui opposait à la fougue des rcvolutionnaires le calme d'une parole lente, nette, amère; et par l'ancien député Péus, qui \'enait d'être battu aux dernières élections, ancien candidat de théologie, à la figure forte, la barbe et la moustache rasées, et dont la parole rude, lente, avec des accents onctueux par instants, rappelait l'éloquence d'un pasteur en chaire. Le ch.ef du parti baYarois, Georg von Vollmar, qui représente depuis longtemps dans la démocratie socialiste allemande la tendance modérée, et dont le modérantisme exprime les prcoccupations essentiellement démocratiques et réformistes de la population de petite propriété paysanne de la Bavicre, prêta à Pcus et à Heine, contre les révolutionnaires, l'appui de son éloquence forte et calme, de sa science, de son déterminisme historique, patient et résigné. Malgré des réserves qui étaient inéYitables, la pensée des modérés se formula avec précision. Elle éclata en quelques mots caractéristiques.« Je pense, déclara Heine, que cc n'est rien de plus qu'une différence de tempérament qui fait que l'un met au premier plan cette partie du programme, l'autre, celle-là. » « Il n'y a absolument pas de fins dernières », dit Péus. ,c Il ne pourrait pas arriver à la démocratie socialiste allemande, déclara \Vollmar, de plus grand malheur, que d'être obligée de prendre actuellement le pouvoir politique. » Les « radicaux » étaient indignés. Au scepticisme des moderés ils opposèrent leurs principes, leur foi révolutionnaires. « ]'aYais cru jusqu'ici, s'écri, Clara Zetkin, que l'affirmation énergique de notre fin dernière était le résultat d'une connaissance scientifique, d'une conviction politique, et non une affaire de tempérament ! » « J'affirme,
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