La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

124 LA RE\'UE SOCIALISTE NOTICES- BIBLIOGRAPHIQUES L'Ordre Social, p.tr L~e>N C11ARPENT11,R(p!,1qucttc i11-r8, Ollendorff). - U1~ conte satirique en un acte et en prose où défilent tour il tour, en des sc.:Cnes d'une nan.111te et .:ruelle bouffonnerie, le banquier \-ércux. Loy:il Pauvre, le chef de l.1 poli-:e, le syndic de l.t Justice, person1,ages symboliques de l'ordre social contemporain, b.1sc: sur l'exploitation de Loyal P.tunc p.ir le b.rnquier Véreux, :t\'ec la complicité de la Justice et de la police qui coffrent Loyal Paune et saluent bien bas le marqui; \'.:rcux. Essai sur l'amour. par Euci.NF. MowrI ORT(r \'O!. in-18, Ollendorf, Paris). - l'.tgcs passionnées - sou,·ent passionnantes - d'un jeune écri\'ain qui n'a nulle honte de crier son enthousiasme, de noter les sc11sations aiguës d'hier et d'aujourd'hui, de son ,1dolesccncc et de sa jeunesse, son amour de l'amour, des joies humaines et ,le lïd~.tl. N'est-ce pas un signe des temps, apr~s l'épidémie de scepticisme et l'i11\',tSion ,ks morbidesses extra-naturelles, que ces explosions de p.1ssion saine et forte ' Inferno, par At:GUSTE STRIXDDERG, (1 ,·ol. in-r8, Sociéte du i\fcrcur~ de Fra11ce, !'.tris). - i'lotation :tu jour le jour et presque heure par heure, des sensations délir.rntes d'un cerveau surexcité par les pr.ttiques de l'occultisme et les spéculations sur Swedenborg-. La notation est si aigui: qu'dle ,\onne l'illusion d'une analyse subtile de per\'<:rsions cérébr.des i•ewrs. Je di, l'illusion, rnr je ne sais s'il faut prendre au sérieux et e1wisager comme réel le ,, système » que i\1. Réj.\ nous ditd.tns une préface a\'Oir été'« combiné " par Strindberg, et qui conclur.tit dans l.t pensée de son auteur à un catholicisme « quelque peu hérésiarque, aboutissant n.ttttrcl de l'occultisme ". Si M. Strindberg a ressenti réellement les sensations qu'il exprime, nous nous trouYCrions alors en f.tce d \rn cts ,k pathologie mentale, men·eillcusement analysé par le sujet, et dont l'histoire littéraire du dix-neu\'iéme ,ièclc fournit plus d'un c.1s célèbre. J.es morcc.tux les plus fouillés de Po~ et ,k Gà.trd de ~crval furent écrits sous l'empire des hallucinations qu'on trOU\'e dans J11femo. Axel Borg, par Aucusrn Srn1NDBERG (r \'Ol. in-r8, :Mercure de Fra11cc, P.iris). - Axel Borg, par le même, publié immédiatement après foferno, est l'histoire d'un sa\'ant que rien n'a pu décourager dans sa soif de recherches. Arrivé it l.t plénitude de son dé,·eloppement, il ,•eut mettre sa science au service de malheureux pêcheurs habitant un groupe d'ilots dans l'archipel de Stockholm. Il meurt à la peine, impuissant à se faire aimer et seulement <:couter ,les populations frustres qu'il yeut doter de nouveaux moyens d'existence ; il devient fou, à Li suite d'une idylle étrange oit le grand homme est ridiculisé et bafoué par un jeune imbécile su/lisant. Siestes d'Afrique, par P. \'1GNE n'OcToN (r YOI. in-r8, Flammarion). - l\I. \ligné d'Octon est ce qu'on appelle it la Chambre un « colonial ». Le député « colonial " est d'ordinaire le représentant d'une de nos possessions d'outre-mer et il est l.t plaie de nos assemblées. car pour lui toute la politique française se mesure à l'aune <le sa colonie. M. Vigné d'Octon a seulement p.1rcouru nos colonies; il· représente une circonscription du continent et tandis qu'à la Chambre il peut traiter des questions qu'il a étudices de près, à l'abri des intérêts locaux qui faussent trop souvent le jugement des autres, il nous raconte, dans la presse et dans des livres plein d'intérêt, la "ie coloniale, aYec ses illusions au début, ses amertumes au terme, les mœurs des peuples qu'il .\ \'isités et parfois aus~i, a•:cc un cour.1ge lou,tblc, les abominations qu'il a nt commettre, non par des sau\'agcs, mais par les Fr.rnçais, souvent plus cruels que les i,1dig-èncs qu'ils sont censés civiliser. Aux Indes, par GEoRci:s NoaLu1ArnE (1 vol. i11-r8, Il.tchette). - Journ,tl d'un voyag-cur aimable, officier de cavalerie, jeune encore et panant l'esprit suffisamment souple et dispos pour Yoir et raconter g.ticment cc qu'il a vu, tel est cc livre, suite d'un voyage précédent a traYers l'Egypte, Ceylan et le Sud de l'Inde. Cette fois, M. oblemaire conte agréablemwt son voyage à tr.tvers le l\izam, le Cashmire et le Bengale. Sans doute, r-1. Noblemaire ne fera pas oublier M. Chevrillon, qui fit le même itinéraire ou a peu près, il y :i quelques années, et en rapporta des pag-es d'une couleur éclatante. l\lais on le suit a\'CC intér.:t. car s'il ne peint pas avec la p.ddte chatoy,rnte de son predécesseu r les passag-es lumineux <le l'Inde, il s'attache à pénétrer les milieux anglais ou indigènes qu'il tra\'erse et ce genre d'obscn·ations a bien son prix, I

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