La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LE COKGRÈS SOCIALISTE DE STUTTGART 3 sèrent autour-d'elle, sur les deux penchants : « Déjà une fois, dit-clic aux dclégués, il y a vingt-huit ans, je vous ai salués dans les murs de Stuttgart. Depuis, les cœurs ont été gagnés au parti de l'avenir, la capitale vient d'être conquise. Le parti n'est plus comme alors, un simple 110111, il est devenu une puissance. li est aujourd'hui conduit par des vétérans éprouvés à la lutte et par de jeunes guerriers serrés pour le combat, et la joie ficre de l'assaut, la joie de la victoire leur a fait planter la bannière rouge sur le rempart le plus élevé, et leur fait mêler des cris d'allégresse aux accents, aux accents puissamment enivrants de la marche triomphale. » A ces mots, les milliers d'hommes réunis dans la salle entonnèrent la Marche des Socialistes: « Allons, socialistes, serrez les rangs! » Et lorsqu'arrivait la fin de chaque couplet : « Tel est le but que nous poursuiYons. Telle est la guerre sainte du travail, à nous le peuple, à nous la victoire! » alors, par le même jeu de projections, la scène s'embrasait, et Wurtcmbergia, entourée des couples souables, transfigurée par ces lueurs de feu, symbolisait pour les yeux la Révolution sociale évoquée par la Marelle des Socialistes. La salle frémissait d'enthousiasme. Après cette représentation, qui se termina par un vint à la démocratie socialiste internationale, poussé par la salle entiere, le nouveau député de Stuttgart, le camarade Karl Kloss, salua à son tour les délégués et exposa l'état du mouYement socialiste dans le Vlurtemberg: « Nous avons un allié puissant, un allié malgré lui, dit-il, le Capitalis111e. Il a creusé dans de larges couches sociales les sillons du mécontentement, notre devoir était de jeter dans ces sillons les semences de la connaissance, et cette semence a levé d'une façon magnifique. » Kloss fit ensuite allusion aux menaces de !'Empereur 1 contre le droit de greve; au toast qu'il venait de prononcer à Œynhausen, le 6 septembre, et par lequel il avait annoncé son intention de faire déposer au Reichstag un projet de loi punissant de la maison de force ( r) toute incitation à la grève : « On a beau nous menacer de la maison de force, déclara Kloss, nous nous sommes déjà trouvés devant d'autres menaces et nous n'avons pas tremblé. Dans un cas semblable, la maison de force n'est pas déshonorante pour le prolétariat. » Et Kloss termina son discours par un vivat à la démocratie socialiste internationale. Liebknecht parut ensuite sur l'estrade ; son apparition fut saluée d'applaudissements sans fin. Cet homme de soixante-treize ans, qui (r) Nous traduisons ainsi le mot Z11cbtbn11s. Ce qui distingue essen.tiellement la Zucbthaus de la Gefà11g,iis (prison), c'est que la Z11cblbn11s est toujours infamante. Le lecteur doit se représenter ce caractère infamant toutes les fois que nous employons le mot : maison de force.

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