La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

2 LA REVUE SOCIALISTE \'iolcnce lutte vainement.» - « Le peuple du travail doit forger luimême ses dcstinées. » - « Avec nous le peuple, avec nous la Yictoire. » Ailleurs, le mot de Galilée : « Et pourtant elle tourne!>> -Les vers de Henri Heine: « Il y a ici-bas assez de pain - pour tous les enfants des hommes.)> Une estrade avait été construite; clic était ornée de drapeaux roucres des bannicrcs de sociétés chor::des qu'on allait entendre, et de t'> ' broutilles de sapin. Deux bustes de marbre, entourés de plantes buissonneuses, aYaicnt été placés aux deux extrémités : i droite, celui de Lassalle; à gauche, celui de I\[arx. En face, à l'autre extrér:1ité du cirque, au-dessus de la porte, en gros caractères était inscrite la grande parole du Manifeste des Communistes:« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! )) La fête commença ;i six heures. 1\près l'audition de morceaux de musique, des sociétcs choralc:s, dont les membres étaient des socialistes, les sociétés « Liberté ,>, « Égalité )) et « Lassalia )) de Stuttgart, « En avant », de Cannsan, chantèrent pour les délcgués un chant de bienvenue. On donna ensuite une représentation qui obtint 1c: plu~ grand succès. Le titre ctait: la Souabe vous salue! La déesse de Souabe, \Yurtcmbergia, Yêtue d'une draperie blanche, couronnée de lauriers, tenant une cocarde rouge i la main, apparut, entoun'.:e de dix-huit jeunes couples qui représentaient ,i la fête les dix-huit circonscriptions électorales du \\'urtcmberg. Et les conples danserent des danses populaires, les danses gracieuses de la Souabe, et \Vurtcmbcrgia souhaita la bienvenue ù ses botes, les enYoyés du peuple du traYail. Elle leur dit les progrès que le socialisme aYait faits dans le pays de Souabe, les angoisses des adYcrsaircs perdant chaque jour du terrain et tremblant pour leurs priYilégcs. « Ces couples sont \'enus de toutes les parties du pays pour \'Ous saluer, leur dit-elle; que leur cortège soit pour \'OUS un gage du grand mouvement d'allégresse qui ira i travers toutes les proYinccs de 111011 territoire, quand paraîtra le jour, le jour heureux qui couronne.ra notre lutte : le jour de la victoire! )) Comme elle prononçait ces mots, une projection lumineuse empourpra. la dccssc \\'urtembcrgia et les couples souabes : ils apparaissaient maintenant comme assistant, sereins et paisibles, à un embrasement immense, i la conflagration universelle qui coucherait à terre les institutions de la société prcsente au jour de la victoire du prolétariat. La salle était comme prise d'une émotion délirante. Les applaudissements éclatercnt tumultueux. Puis le calme se rétablit, et l'embrasement disparut, et les danses populaires, naï\'es et enlaçantes, reprirent ù nouYeau. \Vurtembcrgia attendit, immobile, qu'elles fussent terminées. Elle se retira alors au fond de la scenc et monta lentement jusqu'au sommet d'une éléYation recouverte de rochers et de brous.- saille~ qui figurait une montagne. Les couples la suivirent et se dispo-

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