NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES que sorte mis bout à bout, et le but de M. Robert Dreyfus n'apparaît pas à travers cette mosaïque d'études juridiques, d'observations économiques et d'analyses psychologiques. On ne saisit ni le plan que l'auteur s'est tracé, ni les conclusions auxquelles ses étutles le conduisent. C'est le grave défaut de ce volume : qu'il amorce le l~cteur it chaque page et Je mène, a travers des détails intéressants, à une déception finale. De la .liberté de tester, par HENRI CouLON (broch. in-8°, Marchal et Billard). - M. Coulon est partisan de la liberté de tester. Avec l'école de Le Play, il attribue aux partages périodiques institués par le Code civil, l:i stérilité des mariages, le morcellement excessif de la propriété foncière et les méthode~ routinières de production agricole qui en découlent, - bref, pour tout dire, l'ensemble des difficultés sociales de ]'heure actuelle. En conséquence, il a cru dc,·oir, il ce début de législature, rédiger un projet de loi qui réforme le Code civil et rétablit la liberté testamentaire. C'est ce projet, soumis il la Chambre et au Sénat, qu'il a fait précéder d'un commentaire historique et explicatif, qui forme la partie la plus importante de la forte brochure que nous signalons. Le pays de France, projet de fédéralisme administratif, par P. FoN: CIN (1 vol. in-r6, Colin). - M. Foncin fait partie des U nious dites de la paix sociale, la branche la plus importante de l'école de M. Le Play, dont la Réforme est l'organe. C'est dire que M Foncin est dc;- centralisateur. Mais aussi, c'est un géopr:iphe; il connait admirablement les divisions économiques de notre pays et l'étude qu'il en a fait aboutit à ce résultat, qui surprendra plus d'un naïf : c'est que la seule division administrative correspondant ,1 une division économique ou géographique naturelle c'est ... l'arrondissement. Cette conclusion, inattendue pour les esprits superficiels, a son importance, car avec l'arrondissement actuel comme hase de reconstitution administrative la formation d'unités nouvelles il base plus large et répondant mieux que le département aux besoins des parties composantes de cette unité serait singulièrement facilitée. Je ne puis qu'imliquerpar ce trait l'impo'rtancedesobservationsde M. Foncin, qui •dépassent de beaucoup les banalités trop so11vent redites en matière de décentralisation. Le code ouvrier, exposé pratique de la législation et de la jurisprudence, réglant le tra,·ail et les intérêts des ouvriers et apprentis, par Louis ANDREet LÉONGuiBOURG (1 vol. in-8°, Chevalier-Marescq, Paris). -La publication de livres comme celuici permet de mesurer l'étendue du chemin parcouru par les idées de protection ouvrière, dont les socialistes se sont fait les protagonistes depuis une vingtaine d'années. C'est, en effet, sous la poussée socialiste, que les gouvernements et les corps élus ont dû, dans tous les pays, al:,order les problemes de la réglementation du travail et résoudre au moins partiellement quelques-unes des questions imposées à leur attention par l'op!ni:1.treté des campagnes socialistes entreprises. Le temps n'est pas loin ou l'économie libérale se refusait à toute transaction et repoussait de haut toute proposition de protection comme attentatoire il la liberté capitaliste. Une quinzaine d'années â peine se sont écoulées et la législation ouvrière est si touffue, qu'elle nécessite des manuels de jurisprudence comme celui dont nous signalons l'apparition. Même deux années ont suffi pour nécessiter la publication d'une deuxième édition mise au jour de la jurisprudence et des lois nouvelles votées dans l'intervalle entre l'apparition de la première et de b deuxième édition. Un supplément contenant les matières nouvelles ajoutées â la deuxième édition a été imprimé à part pour éviter :i ceux qui ont la première édition l'achat de la seconde. La Question féministe; par AuGuSTtN RoESLER (1 vol. in-18, Perrin). - Ce volume est en quelque sorte la réfutation du livre célèbre de Bebel qu'il suit pas i pas, en opposant partout la conception catholique sur le rôle social de la femme a celle de Bebel et des socialistes. Le père Roesler est en effet un écrivain allemand; il avait été chargé par la société catholique de Saint-Léon, il Vienne, de réfuter Bebel. Il I à fait - ou plutôt tenté - dans un livre beaucoup plus étendu et pins complet que celui présenté par Mm• J. de Rochay aux lecteurs de notre pays. C'est que les catholiques allemands peuvent recevoir une nourriture intellectuelle plus substantielle que nos catholiques français, a qui répugne la polémique documentée, d~duite de recherches longues et laborieuses. L'ouvrage peut-être, sous sa nouvelle forme, n'est pas inférieur à l'édition allemande; en tout cas, il se lira plus facilement, et c'est surtout le but poursuivi par la traductrice, qui a eu cependant le bon esprit de ne pas trop ccu per dans les citations et les sources. De telle sorte qu'il offre un intérêt bibliographique considérable pour ceux qui voud"raient connaitre à fond l'état de la question du féminisme dans le pays de langue germanique. Je me borne i signaler son apparition, sans un mot de critique ou d'analyse quant aux idées de l'auteur, qui sont â l'antipode de celles que professent les socialistes sur la question. Notre marine, par CnARLEs Roux (r vol. in-18, Colin). - M. Charles Roux avait, en qualité de membre de la commission du budget, rédigé, il y a trois
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